Mardi 12 août 2008
Le palais des Princes-Evêques est, depuis que les Fae dominent la ville, le lieu de pouvoir principal des dirigeants Seelie. Autrefois haut-lieu de rassemblement des forces divines, le palais est devenu le symbole de l’influence de la Dame Rousse. Bien que situé en plein cœur de la ville et dominant la place St Lambert (récemment rénovée), le palais n’est, concrètement, qu’un symbole. La Cour Seelie ne se réunit au palais que pour les grandes cérémonies et préfère de loin fréquenter le musée d’art moderne et le parc qui l’abrite#. Malgré cet état de fait, le palais est gardé précieusement car il contient l’une des deux seules entrées plus ou moins stables vers le Songe que l’on connaît en ville.

Le parc de la Boverie. Véritable domaine de la Dame Rousse, ce parc situé en bordure de Meuse est un Lieu Enchanté d’une grande puissance dont le feu de paille est dissimulé dans le musée d’art moderne. Des concours floraux et nautiques sont fréquemment organisés et la manifestation mortelle « Retrouvailles » donne lieu, chaque année, à un Festival faerique qui dure trois jours et trois nuits et trois heures.

Le Labyrinthe. C’est ainsi que l’on appelle le dédale de tunnels creusés sous la ville. Un réseau de métro souterrain avait en effet été excavé il y a quelques dizaines d’années, mais le projet a été abandonné et les galeries sont restées en grande majorité vides, même si l’archéoforum en fait visiter certaines et si le C.P.A.S. et le palais de justice en utilisent d’autres comme endroits de stockage de biens saisis. Tout le reste de ce dédale est le territoire de la Cour Unseelie. La Femme-Corbeau règne dans la plus grande des stations de métro, creusée mais pas aménagée (du moins par des mortels). Obscurité et humidité cohabitent dans le Labyrinthe avec des Chimères cauchemardesques et des Changelings aimant les parties de chasse un peu spéciales. Le Labyrinthe est sous la garde d’Alicia, la jeune mortelle, qui en surveille étroitement les entrées et sorties. Au plus profond du dédale, la deuxième porte vers le Songe connue en ville est précieusement gardée, principalement par Alicia ou les Redcaps du clan MC Greim.

L’université Invisible. Principal lieu de rassemblement de la communauté des Mages liégeois, l’Université Invisible est un endroit destiné aux étudiants mages de 3e cycle ainsi qu’aux chercheurs occultes (confinés, il est vrai, dans le bâtiment de Magie des Hautes Energies). Quoique pas aussi prestigieux que d’autres établissements d’enseignements, l’U.I. est cependant réputée pour l’excellence de sa bibliothèque (donc le bibliothécaire est un orang-outan) et pour le caractère farfelu des membres de la Faculté.  Située sous l’Ulg, l’U.I. est un lieu agréable et doté d’une cafétéria remarquablement fournie et confortable qui attire de nombreux mages, même non étudiants. On murmure que des étudiants auraient récemment disparu alors qu’ils prétendaient être à la recherche d’un coffre en bois doté de plusieurs dizaines de petites jambes… (Toute ressemblance avec un célèbre cycle d'annales parlant d'un monde en forme de disque n'est absolument pas fortuite et totalement assumée par l'auteur du présent article !)

L’opéra abrite en ses murs un cénacle d’Eshus. Périodiquement, lorsque certains spectacles sont au programme, un flot de Changelings orientaux apparaît en ville. De grandes fêtes sont alors organisées dans l’opéra, où les concours de contes et de musiques prennent place au milieu de banquets exotiques. Les nobles et roturiers de Liège aiment à rejoindre les Eshus dans cette halte temporaire.

Les cristalleries du Val St Lambert dissimulent un autre Lieu Enchanté concédé il y a bien longtemps par la maison Dougal à une communauté d’artisans de différents kiths (bien que principalement Nockers). Ces artisans sont des spécialistes de la sculpture de la lumière et sont capables de créer des spectacles complets rien qu’en faisant tinter divers cristaux entre eux et en superposant des lentilles de verre colorées sur l’un de leurs complexes projecteurs.

Le cimetière de Robermont fait office de quartier résidentiel pour un nombre très important de Fae ayant un lien très fort avec le monde végétal. Dryades, Satyres, Lutins, Pixies, Fae libellules, Poucefleur, etc. protègent et font vivre cet endroit où, en dépit de son caractère potentiellement morbide, il fait bon se promener entre les allées de tombes bordées d’arbres où nichent de nombreux oiseaux et en imaginant toutes les histoires, drôles ou sordides, qui se cachent derrière les noms gravés et les photos jaunies. Le cimetière est un lieu enchanté dont le feu de paille n’est pas très vif, mais très apprécié. Des Sluagh viennent également y murmurer avec les défunts.

Le crématorium de Robermont est, pour sa part, un lieu hanté par la Banalité. Absence totale de chaleur humaine, cérémonie silencieuse et sans âme, il est plus que probable que les morts ne quittent ce lieu que complètement traumatisés par ce qu’on leur a fait subir. Les Changelings évitent comme la peste les employés de ce lieu et s’arrangent pour que les corbillards qui y transitent soient fréquemment sabotés.

La Soundstation et l’Escalier sont des lieux fréquentés principalement (d’un point de vue extra-humain en tout cas) par des Vampires qui viennent y chasser autant qu’y écouter de la musique. Les Changelings évitent soigneusement ces deux endroits, eux aussi rongés par la Banalité.

L’église St Barthélémy a été choisie par un Kirkegrim, Nilcéphore Nix, comme lieu de vie. Etant l’un des seuls Changelings à avoir été ordonné prêtre, le père Nix et son église servent d’intermédiaires et de lieu de rencontre entre Changelings et Agents de Dieu. Nix appartient officiellement à la Cour Seelie, mais accepte fréquemment de traiter avec la Cour d’Hiver.

La république libre d’Outremeuse. Dans ce dédale de ruelles, formant un tout petit quartier dans le quartier, se cache aussi le R.M.R., le Réseau Manifestaire de la Roture, un groupe de roturiers Unseelies (principalement) qui militent pour l’abolissement des droits de la noblesse et n’hésitent pas à organiser des attentats contre des Sidhe jugés trop autoritaires envers leurs sujets (c'est-à-dire n’importe quel Sidhe, selon eux). De nombreux objets ou bâtiments appartenant à la noblesse ont déjà subi des dégradations, pour le moment sans trop de gravité.

Les bois du Sart-Tilman et le domaine de la Chartreuse forment les territoires de chasse des lupins de la Cité. Les Fils de Fenrir préfèrent le Sart-Tilman, tandis que la masse informe de junkies et de clodos qui forment l’autre partie de la population lycanthrope squattent, eux, l’ancien terrain militaire de la Chartreuse (ses entrepôts, ses casemates, sont fort désaffecté, etc.)

Le Mad Murphy’s est décrit dans l’article consacré à Murphy le Fou.

Le pont d’Amercoeur est, certaines nuits, fermé à la circulation. Les Unseelies aiment à tisser par-dessous le tablier du pont une masse de filets d’acier tranchants comme des rasoirs. On dit qu’ils y suspendent les amants et bien-aimées de mortelles en mettant ceux-ci au défi d’aller y rechercher celui ou celle qui hante leur cœur. Le nombre très important d’échecs est sans nul doute à l’origine du nom du quartier.

Li Tôré est une statue très importante pour la Cité, tout comme les festivités estudiantines qui s’y rattachent : chaque année, un cortège d’étudiants marche depuis la place du 20 août vers le Tôré et peint les testicules (volumineuses) de l’animal en rouge vif, traditionnellement pour fêter le retour du printemps. Ce que les étudiants ignorent, mais que les Changelings savent bien, c’est que les ingurgitations massives d’alcool qui encadrent ce cortège servent, outre à amuser les jeunes, à alimenter un rituel dont le but est inconnu.  Les festivités, en implantant un large degré de folie et de chaos dans le centre-ville, dégagent également une impressionnante quantité de Glamour, quoique moindre que lors de la St Nicolas, une autre fête estudiantine très appréciée des Phookas et Satyres de Liège.

La galerie et le parking du Longdoz sont un bel exemple du partage des pouvoirs entre Seelie et Unseelie dans la ville. La galerie est en train de mourir, se vidant progressivement de toute activité commerciale ou autre. Certains Changelings Unseelie y encouragent des graffeurs à exercer leur art, recouvrant les murs et les vitrines vides de dessins et des phrases étranges et dérangeants. La Cour d’été, elle, a investi le parking et, la nuit venue, y organise des courses effrénées entre véhicules mortels (et parfois pilotes enchantés) et/ou Chimères.

Ludos, magasin et tête de pont de la Celtie. Boutique bien connue des rôlistes de la ville, Ludos et son patron Groumph (toujours accompagné de son chien) sont des symboles de résistance de l’âme celte. Tout dans ce magasin est une porte vers un ailleurs idéalisé : la musique surgit entre les fumées d’encens et de cigarettes, un vieux bouquins de Donjons et Dragons côtoie une étude sur le druidisme, une bouteille de chouchen et une boîte de conserve contenant du Haggis, le tout entrecoupé par la voix retentissante de Groumph vantant sa marchandise ou annonçant le prochain événement culturel ou il tiendra un étalage. Seelie comme Unseelie aiment à y repérer les joueurs à l’imagination fertile dont les folles histoires partagées autour d’une table deviendront des anecdotes riches en souvenirs parfois aussi intenses que s’ils étaient réels.

Li mohone di pékèt (la maison du pékèt) avec ses caves voûtées, ses boissons aux multiples goûts et couleurs et son restaurant de cuisine du terroir à l’arrière (amon Nanesse) est la propriété d’un Satyre, Arbhédias, qui veille soigneusement à engager de très jolies serveuses pour s’occuper de son bar (et pas de sa barre, je vous vois venir !) Très accueillant en dépit de son aspect un poil sombre, li mohone cache, dans ses alcôves, autant de concours de boissons que de Changelings échangeant les dernières rumeurs ou discutant tranquillement. Son côté « bien de chez nous » assure également au bar la présence d’une clientèle parfois assez sélect : ministres, sportifs en vue, etc. La proche présence de l'hôtel de ville (et de forces de police conséquentes) empêche généralement les soirées de tourner à l’orgie, mais on retrouve parfois de jeunes gens, fatigués mais pleinement satisfaits, errer aux alentours après certaines nuits plus agitées.

L’ancienne grand-poste est devenue un cercle de jeu dont la clientèle est exclusivement composée de Grincheux et de Mages. A l’origine, on avait pensé y faire un hôtel, mais quelques pots-de-vin bien adressés suffirent à Estial le Boggan pour s’approprier le bâtiment et en faire un casino doté de nombreuses salles, bars, restaurants et suites où recevoir les hôtes. Avec le temps, c’est devenu, outre un club de gentlemen, un endroit où l’on fait se divertir les notables étrangers, qu’ils soient Mages ou Changelings, qui viennent visiter la Ville.
par Altrast publié dans : Jeux d'histoires communauté : Le Cercle des Passeurs de Rêve
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Mardi 12 août 2008
Où l'on parle de ceux qui ne sont certainement pas des Fae...


Ceux qui sont touchés par la Grâce

Ezahel est un Ange très ancien qui jadis conseilla Hubert et Notger lors de leur règne. Protecteur de l’Eglise et ambassadeur de Yahvé auprès des prophètes qui était nécessaire de cacher à l’Histoire, Ezahel est le gardien des archives interdites des suivants du Cloué# ainsi que la mémoire compatissante des mortels ayant vu trop d’horreurs au service de Dieu et à qui Celui-ci a accordé l’oubli. Condamné à se souvenir de ce que les autres ont tout fait pour oublier, Ezahel porte sa croix avec humilité et miséricorde, tenant secret ce qui doit l’être, pour le bien de tous. La bibliothèque a récemment été déménagée dans le musée d’art religieux et mosan, dont Ezahel, sous l’identité de Jonathan Lambert, est le conservateur.

Les Mages et Sorciers

Gustave Planche a récemment ouvert une confiserie d’un genre particulier dans une ruelle proche de la place de la cathédrale. Celles et ceux qui souhaitent acquérir les merveilles sucrées de sa boutique doivent d’abord raconter une histoire, réelle ou imaginaire. De cette histoire, Gustave tirera un bonbon (une chique, bien entendu. Nous sommes à Liège,après tout )) dont la saveur rappellera l’ambiance et l’émotion provoquée par le récit raconté. En remerciement, le conteur a alors le droit de choisir gratuitement environ 100 g des fabuleuses créations du confiseur et autant de « saloperies industrielles » qu’il peut en acheter. De nombreux Phookas fréquente cette boutique où leurs mensonges ont une saveur si agréable.

Les Vampires

Jean-Baptiste Vrancken est le propriétaire de la Soundstation et le directeur du label de production qui y est attaché. Ce Toréador, chantre du milieu culturel underground, fait la pluie et le beau temps dans les concerts hype de la région. Il a récemment parrainé les rénovations du café « l’Escalier » dans le Carré, s’attirant les foudres des légions d’étudiants qui fréquentaient ce bar.

Hélène de Chayzeux est la Lassombra qui poussa jadis Charles le Téméraire à assaillir Liège en vue d’en prendre le contrôle. Dépitée par son échec, elle rumine sa vengeance depuis des siècles, méprisant ouvertement la « racaille geignarde » qui est à la tête de la Cité. Elle a suffisamment d’influence pour se rendre détestable, mais pas assez pour imposer ses volontés de domination. Hélène revendique le titre de Princesse de Liège, mais même ses partisans ne sont pas dupes de l’arrogance vaine de ce titre.

Thérèse et Johanna Massiline sont les deux personnalités qui cohabitent dans l’esprit de la Malkavienne qui dirige le club Asylum, alternant sans cesse l’une et l’autre mentalité comme s’il y avait réellement deux sœurs (ce qui est en quelque sorte le cas… Enfin pas vraiment… Vous voyez ce que je veux dire !) Johanna s’habille court et sexy, se maquille élégamment et se comporte en séductrice coquette et sauvage auprès des hommes et femmes qui ont l’heur de lui plaire, dans son club ou ailleurs. Elle a souvent tout d’une gamine délurée. Thérèse, à l’inverse, est adulte, calme et réfléchie, gère le club avec efficacité et bon sens et déplore la conduite dépravée de sa « soeur ». D’une point de vue faerique, si Johanna est agréablement fréquentable, Thérèse, elle, fout les jetons à bien des braves avec ses tailleurs stricts, ses lunettes épaisses et sa voix posée et rationnelle.

Les Loups-Garous

Le Philoteux est un black massif qui a été mordu il y a une dizaine d’années. Sans abri par vocation et tirant son surnom des citations de penseurs célèbres qu’il aime à prononcer, il a pris la défense de ses frères de condition qu’il protège contre les dangers qui les menacent. Figure quasi-mythique de la faune interlope de Liège, il est un symbole autour duquel mendiants et prostituées sont contents de se rassembler et de coopérer pour améliorer leur état et leurs vies.
par Altrast publié dans : Jeux d'histoires communauté : Le Cercle des Passeurs de Rêve
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Mardi 12 août 2008
Ceux qui, par choix ou par nécessité, vivent en marge des Cours et, dans une certaine mesure, de la politique qui y règne...

Murphy le Fou. Aaaah ! Un heureux Leprechaun était Murphy, à l’époque où il parcourait la verte Erin. Et puis il fit une découverte, celle de la loi qui porte son nom. Et la fatale contrariété universelle le poursuivit alors, et ne l’a jamais lâché. Depuis, il se cache dans un pub, le Mad Murphy’s, dans le Carré. Cloîtré dans une arrière-salle, vautré sous un amas de vieux journaux et magazines, Murphy divague, perpétuellement saoul, étrangement averti de beaucoup de choses (car son bar est un terrain neutre reconnu par tous les non-humains et mortels suffisamment au courant), permettant à ceux qui peuvent percer les brumes éthyliques de son langage de saisir une foule d’informations sur ce qu’il se passe à Liège et environs. Il faut remarquer que les employés du bar sont tous des humains qui n’ont aucune idée de la nature particulière de certains de leurs clientes (mais qui oublient fréquemment qu’ils ont laissé un verre d’Irish mist traîner sur une table après l’avoir lavée…)
Enfin, humains, sauf si on excepte l'étage, bien évidemment, où officie Sire Charles Fizzlewig, un Boggan. Cet étage est réservé aux Fae et à leurs invité(es).

Guillaume et Ciléanas. Un baptisé et sa marraine. Ce binôme travaille pour les deux Cours comme découvreur de talents, repérant les humains aux talents prometteurs ou les Rêveurs inconscients de l’importance qu’ils peuvent avoir pour les Changelings. Particulièrement appréciés des deux faces de la société faerique, ils sont parfois également chargés de retrouver un fuyard se cachant en ville. Ils ont leurs entrées dans tous les lieux fréquentés par les Changelings et ont pas mal de contacts avec les autres acteurs occultes de Liège (même si tous les contacts ne sont pas forcément cordiaux). Si Guillaume est au courant de l’existence des Fae, c’est uniquement parce qu’il a été baptisé (et enchanté) par erreur et que, pour une raison encore inconnue, les Brumes ne lui ont pas fait oublier ce qu’il a vu. Mais Ciléanas a su lui éviter la folie et convaincre ses semblables de le laisser en vie. Le grain de folie permanent qu’ils propagent autour d’eux les a rendus très sympathiques aux yeux de la Dame Rousse. Le duel amical auquel se sont adonnés Guillaume et la Femme-Corbeau a permis au jeune homme de gagner le respect de la dirigeante Unseelie. Ciléanas, par contre, n'est que tolérée lorsqu'elle se rend dans le Labyrinthe.
par Altrast publié dans : Jeux d'histoires communauté : Le Cercle des Passeurs de Rêve
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Mardi 12 août 2008
Quelques têtes célèbres des cours d'Été et d'Hiver


Les Fae Seelie :

La Dame Rousse. Elle est la Comtesse Sidhe qui dirige actuellement la ville. Très proche de son peuple et des mortels qu’elle aime sincèrement, elle a instauré, au grand dam de sa maîtresse des cérémonies, une étiquette très simple et naturelle au sein de sa Cour. Grande et dotée d’une splendide chevelure qui lui a valu le surnom qu’elle a choisi de porter, la belle dame a les yeux vairons : le droit est vert, le gauche est d’un bleu léger. Nul ne sait ce qu’elle voit à travers un aussi étrange regard. Elle est la marraine de nombreux mortels et veille à maintenir, au moins superficiellement, de bons contacts avec chacune des forces présentes à Liège. Elle est particulièrement appréciée des Mages et des Lycans, et même les Unseelie la respectent plus ou moins. Elle a déjà échappé à plusieurs attaques des Démons et de leurs aides et est considérée par eux comme une cible à abattre. Sa grande compassion la font apprécier des Anges, mais leurs suivants humains ne la voient que comme une monstruosité païenne. Son excellent sens politique la fait paraître redoutable à ses adversaires potentiels. Elle appartient à la maison Fiona.

Maîtresse Keira ap Fiona. C’est la maîtresse de cérémonie (// Chambellan) de la cour de la Dame. Très à cheval sur le protocole, cette Grincheuse (encore très séduisante cependant) est parfois, en dépit de l’immense respect qu’elle éprouve pour sa Comtesse, choquée des écarts de conduite que tolère sa suzeraine. Très compétente, elle assume ses fonctions depuis de nombreuses années et connaît le domaine comme sa poche.

Grumbert. Ce Troll est l’intendant du Domaine, le lien entre la noblesse et la roture. Ce Kithain, calme et massif, s’anime d’une flamme virulente lorsqu’il est amené à défendre un Changeling au cours d’un procès. Sa parfaite connaissance tant de L’Escheat que des lois mortelles et sa droiture inébranlable en ont fait un point de référence particulièrement incontournable en matière de respect de la tradition et des nouveaux droits accordés à la roture. Il travaille souvent main dans la main avec Dame Keira afin que les relations entre Sidhe et Roturiers se passent au mieux. Le mouvement prolétaire humain a cependant implanté ses marques dans les mentalités faeriques, et les roturiers liégeois sont parmi les plus grands revendicateurs de droits et monteurs de grèves de toute la société Changeling. Les frictions sont donc nombreuses et le rôle de Grumbert particulièrement important.

Comte Kerden ap Gwydion. Fier de son lignage, noble de coeur et d’action, Sir Kerden a tout du guerrier Gwydion typique. Pourtant, il s’est laissé aller aux mœurs douces de la cour de la Dame Rousse.

Rose Amras. Cette Boggan est à la fois crainte et adulée par ses subordonnées. Chef-coque et grande responsable es nourriture de la maison, elle réussit l’exploit, chaque soir, de cuisiner personnellement les repas de la Comtesse tout en dirigeant les autres cuisiniers et les serviteurs, sommeliers et autres plongeurs, compose les menus et tient un budget aussi serré que ne le sont les chaînes qui ferment la réserve de nourritures et boissons. On murmure (et c’est à peine exagéré) que plusieurs monarques faeriques lui auraient fait un pont de Glamour pour qu’elle vienne prendre possession de leurs vies gastronomiques, mais Rose a toujours refusé, arguant qu’ici : « Je sais sur qui frapper pour que ce soit fait à ma manière », ce qui ne serait nécessairement pas le cas ailleurs… Elle est également une grande spécialiste des multiples variétés de bières belges et étrangères.

Niarmaid. Elle est une Sluagh étrangement affable et séductrice, qui aime énormément faire de nouvelles rencontres et chuchoter des heures durant en joyeuse compagnie. Ce comportement paraît suffisamment peu naturel de la part d'une Sluagh pour mettre ceux qui la connaissent moins bien mal à l'aise...

Noemian. Ce Satyre est cyclothymique : tantôt il vagabonde dans un état de dénuement quasi-total à travers la moitié du globe et du Songe, tantôt il passe de longs mois, voire une année ou deux, à paresser dans les salons de la Dame Rousse. Il est un peu l’âme de la maison, le personnage qui génère les proverbes, celui dont on cite les phrases favorites, l’être au sujet duquel on spécule… Et à raison ! Noemian est extrême dans tout ce qu’il entreprend.

Finklewinkle. Phooka-chien et Gamin sans limite, désespérant d’énergie. Il est toujours en train de courir, de sauter ou de faire exploser un truc dans un des recoins du bâtiment. Il a à sa suite une nuée d’enfants qu’il fait parfois entrer en douce à la Cour (en les enchantant), organisant de gigantesques chasses au trésor dans les chambres des invités ou des parties de cache-le-dragon (une version plus dangereuse de cache-cache, impliquant des pierres, une Chimère trop vaguement apprivoisée, un grand sac et une victime désignée au hasard pour ouvrir ledit sac) dans les jardins. Il aime particulièrement faire enrager Grumbert et Keira lors de leurs réunions de travail.

Emilie, alias Lessa la Browney, est une Vaurien qui a vécu son jour du Sain il y a cinq ans maintenant. Elle est réfugiée à Liège depuis deux ans et à rejoint une communauté de Roturiers dont le Lieu Enchanté est caché dans le jardin d’un restaurant dans le quartier de Pierreuse.

Martin le Marionnettiste. Ce Nocker est un spécialiste des pantins et automates, mécaniques ou enchantés. Il est particulièrement apprécié pour ses spectacles tragiques, inspirés autant par Maeterlinck que Lewis Carroll. Ses marionnettes sont frappantes de réalisme et il est tellement doué en robotique que certains de ses compagnons sont au moins aussi vivant que lui. Ulrika, sa femme de chambre à ressort qui chante de l’opéra ou Ernesto, le robot professeur de mini-golf, sont devenus, entre autres apparitions farfelues, des personnages appréciés de la demeure. Martin, lui, est toujours occupé et perdu dans ses pensées, forgeant un nouvel être ou écrivant une nouvelle histoire. Il apprécie beaucoup Finklewinkle et les enfants qu’il emmène, pour qui il est toujours prêt à donner un avant-goût de son prochain spectacle.

Lysandre, Aliane et Coréline. Ce sont les trois Dryades qui habitent dans les trois marronniers de la place de la République française. Elles aiment à tromper les usagers du TEC en échangeant les chiffres des bus. Lorsqu’un mortel passe par leur place et est au goût de l’une d’entre-elles, celle-ci joue à la demoiselle en détresse tandis que ses sœurs se font passer pour des agresseurs. Lorsque la personne séduite se rue au secours de la belle, ses sœurs s’enfuient et laissent les amoureux en paix. L’amant(e) se réveillera, hébété(e) et heureux(se) au pied d’un des marronniers. Et toujours, dès le début du prochain automne, l’un des marrons de l’arbre lui semblera spécial, plus bosselé ou plus brillant. Et c’est pour cela que chacun des jours qui composent l’automne, trois personnes viennent recueillir les marrons qui sont tombés et les gardent précieusement en souvenir d’une nuit heureuse dont le déroulement exact leur paraît de plus en plus flou…

Hélèna est une Sluagh coiffeuse. Sa particularité est de travailler aussi à la morgue et pour différents funérariums afin de préparer la coiffure des morts... Elle tient ainsi salon, faisant la causette aux cadavres auxquels elle porte les derniers soins esthétiques pour que la famille ne soit pas trop choquée par le fait que papy soit la tête broyée dans une moissonneuse-batteuse !

Les Fae Unseelie :

La Femme-Corbeau. C’est une Morrìgan, l’une des descendantes de la grande déesse. Bien que roturière de nature, elle a jadis été adoptée par la maison Daireann et a obtenu le rang de Comtesse, allant jusqu’à se hisser au sommet de la société Unseelie de la ville. Grande combattante qui mena souvent les osts faeriques à la bataille, on dit qu’elle conserve dans ses caves un morceau de chacun des êtres qu’elle à rendus à sa déesse. Autoritaire et dégageant une aura palpable de puissance, elle aime à apparaître dans une nuée de plumes noires qui se transforme en parure vestimentaire. La plupart de ses subordonnés évitent de la croiser, et même les moins au courant de ses capacités en ont vaguement peur.

Les MC Greim. Un clan de Bonnets Rouges, profondément Unseelie en dépit d’un sens de l’honneur fermement ancré. Cairpre est un Prophète attaché au service de la Femme-Corbeau, qu’il admire profondément. Druide et maître de toutes les anciennes traditions, il est le gardien des chemins que suit son clan. Eoghan est le patriarche et maître chasseur du clan, ainsi que le meilleur guerrier Redcaps à des lieues à la ronde. Fier au point d’en être ombrageux, il provoque en duel tous ceux dont il doute de l’honorabilité. Jusqu’à ce jour, seule la Femme-Corbeau lui a fait courber l’échine. Troy est le plus jeune du clan, et si sa voie est encore hésitante, sa volonté et son énergie le rendent déjà prometteur aux yeux de ses frères plus âgés. Honorables jusqu’à l’obsession, ils sont mal considérés car la rumeur prétend qu’ils continueraient à organiser des Chasses Sauvages.  Ils servent assez fréquemment de force armée pour la Comtesse.

Docteur Anatole. Il s’agit d’un assemblage étrange de formes géométriques de couleurs variables, chacune capable de faire surgir un attirail d’outil, de lame, d’aiguille et de drogues diverses. Capturé dans les rêves d’un junkie devenu serial-killer, cette Chimère est utilisée par les Unseelie comme médecin. A noter que le Doc a une voix de fausset, cliquetante et insupportable, mais qui, comme ses drogues, finit par générer une dépendance auprès de ses interlocuteurs les plus faibles d’esprit.

Les Sœurs-Cerveau. Tout le monde connaît les trois sœurs, des mortelles qui se mirent jadis au service de la Femme-Corbeau et subirent pour elle une horrible opération magico-chirurgicale. Trois femmes : la Pucelle, la Mère de Tous et la Vieille Bique, leurs corps reliés par des tuyaux glaireux accrochés à leurs crânes chauves et d’où sourd une humeur noirâtre. Une seule femme en trois désormais, devenues capables de prouesses dépassant de loin les possibilités mortelles, elles sont la voix de la Femme-Corbeau, ses ambassadrices intouchables, celles qui portent ses volontés. Elles aiment aussi à annoncer les événements néfastes à venir, événements qui ne manquent jamais de se produire, mais leurs prédictions restent (heureusement) rares. On dit qu’elles offrent parfois à celui qui les rencontre les réponses à trois questions. Ceux qui ont obtenu cette faveur en ont été profondément changés…

Alicia, la gardienne du Labyrinthe. Une mortelle enlevée enfant par les Fae et échangée contre une bûche enchantée de Glamour. Elevée à la Cour unseelie, baignée dans le Glamour, Alicia a développé une personnalité sombre et renfermée. Elle a 16 ans et est perpétuellement vêtue d’une robe à volant verte par-dessus un corset rouge. Cheveux blonds, yeux noirs et lèvres pâles, cette jeune fille, persuadée d’avoir été plongée dans un rêve éternel sans raison aucune, est devenue la gardienne du Labyrinthe, le réseau de couloirs de métro abandonné au sein duquel se trouve l’archéoforum et le palais de la Cour Unseelie.

Sweety Tinkeller. Ogre, chauffeur de bus et décorateur d’intérieur, il est probablement le Changeling qui connaît le mieux le circuit routier de la Cité. Voyager dans son véhicule est toujours éprouvant pour les Fae, tant le bon goût de Sweety en matière de décoration avoisine celui d’un hamster névropathe : couleurs criardes et dégoulinantes, affiches insultantes ou agressives, bruits nauséabonds… Rien n’est épargné aux voyageurs dont le dégoût sera toujours étonné par les capacités du bus honni à se surpasser. Mais l’Ogre roule vite, bien et discrètement, ce qui fait de son bus un moyen de transport de choix, même pour les Seelie. A noter : pour une raison inconnue de tous, Sweety ne roule que dans des bus de la ligne 29, même s'il n'en suit que rarement le trajet. Cette particularité est sans doute la raison profonde de la quasi impossibilité de voir un bus n°29 arriver à l'heure...

Karabas, Maître de la Farce. Un Phooka-vautour qui a été élevé au rang de maître par ses semblables de la Cour d’Hiver. Ayant à son service de nombreux Phookas, Karabas s’est fait une réputation de pouvoir fournir n’importe quoi à n’importe qui. En échange, le demandeur devra, un jour, accéder à l’une des demandes de Karabas, quelle qu’elle soit. Toujours affreusement, douloureusement drôles, très souvent traumatisantes, les farces du Phooka ont poussé les souverains faeriques à interdire à Karabas l’accès de leur palais. Celui-ci à installé son antre dans l’ancienne caserne Fonck. Seuls les désespérés font appel à Karabas. Mais il y en a toujours qui pensent l’être, avant de le regretter amèrement.

Lady Llyanne ap Leanhaun. Cette Sidhe, musicienne exceptionnelle, est devenue une idole parmi les mortels sous le nom de Mary Dillon. Ne jouant que de la harpe électrique, elle organise des concerts sauvages aux quatre coins de la région (et même dans les pays voisins), se gorgeant du Glamour que rêvent ses fans à chacun de ses concerts. Exacerbant la colère d’une jeunesse souvent en manque de repères clairs, elle a déjà à plusieurs reprises incité son public à détruire des symboles d’autorité.
par Altrast publié dans : Jeux d'histoires communauté : Le Cercle des Passeurs de Rêve
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Mardi 12 août 2008
Il est temps maintenant de révéler la vérité. Ou une jolie histoire. Peut-être les deux à la fois, notez, avec les histoires, on ne sait jamais...

Mais voici Liège telle que des amis et moi la rêvons et, parfois, la voyons. Qui a dit que le Glamour était mort ?



Ville frontière, au croisement de multiples influences, Liège a de tout temps été très disputée par les différentes puissances, tant mortelles qu’immortelles. La Cité Ardente porte bien son nom : elle a brûlé par trois fois, et les couches successives sur lesquelles elle s’est reconstruite sont une bonne façon d’illustrer la manière dont elle est dirigée d’un point de vue non-humain. Les strates d’influence, des plus anciennes aux plus récentes, se sont agglomérées les unes aux autres, formant une mosaïque chamarrées de pouvoir différents.

Bref aperçu historique
Tout commence aux alentours de 705 avec le martyre de Lambert, évêque de Tongres-Maastricht (diocèse au sein duquel était situé Liège). Alors qu’il se trouvait à Liège, il fut assassiné. Hubert, son successeur, fit translater ses reliques de Maastricht à Liège, où un important culte voué à Lambert était en train de se développer. Le désormais Saint y fut enseveli. Une gigantesque cathédrale fut bâtie en l’honneur de Saint Lambert. L’Eglise installa sa domination sur la région, et pour longtemps. Sa puissance fut d’autant plus renforcée lorsque Liège devint la première principauté épiscopale de la nouvelle Eglise impériale, ainsi rattachée au St Empire romain de la Nation germanique (en 985).
Le pouvoir faerique fut ainsi mis en arrière-plan durant une longue période, éclipsé par la lutte entre Anges et Démons (car, bien entendu, l’Ennemi tenta par tous les moyens possible de ravir de nouvelles âmes à son rival et Créateur). C’est à peine si, épisodiquement, un prince-évêque plus intéressé que d’autres par certains domaines, artistiques notamment, permettaient aux Fae de réaffirmer leur existence. Trois événements majeurs ont toutefois changé la donne.
    Le premier : les invasions scandinaves, qui causèrent la première destruction quasi-totale de la ville. Les Normands marquèrent profondément les consciences et, même s’ils se sont rapidement convertis à la religion chrétienne, leurs croyances antérieures ont persisté,  sous des formes certes amoindries, jusqu’à nos jours.
    Au 15e siècle, Charles le Téméraire, Duc de Bourgogne, prit d’assaut et incendia une nouvelle fois la cité, massacrant une bonne partie de sa population. Cette hargne était le fait d’une coterie de Vampires qui, en manipulant le vaillant Duc, espérait faire baisser la Foi du peuple liégeois en ses protecteurs catholiques afin de pouvoir s’installer dans (et, à terme, contrôler) la ville. Si l’attaque fut dévastatrice (et les conséquences pour les destinées mortelles extrêmement lourdes), leurs intentions finales ne se réalisèrent jamais, bien qu’une petite population de Caïnites soient parvenue à se faire une place au soleil nocturne de Liège.
    Etrangement, ce fut la Révolution Industrielle qui permit aux Fae de réaffirmer leur puissance. Le mouvement ouvrier massif et la large laïcisation des mœurs qui s’ensuivit affaiblit grandement les forces déjà déclinantes de l’Eglise. Les Cours faeriques se disputèrent alors la ville, entamant une lutte qui dure encore aujourd’hui.
De nos jours
    Les positions des Changelings ont encore été renforcées par les événements récents et créateur de rêves, donc de Glamour. Ils sont clairement la force dominante actuellement dans la Cité, mais leur pouvoir est rendu précaire par l’extrême hétérogénéité de la population : Anges, Démons, Vampires, Mages, Loups-Garou et autres hybrides de toutes sortes cohabitent plus ou moins en bons termes avec Fae et mortels.
    La Cour Seelie domine actuellement les débats d’une courte, très courte tête. Elle ne doit d’être à la tête de Liège qu’aux forces investies par la Cour Unseelie pour dominer Bruxelles, lui laissant plus ou moins le champ libre dans la Cité Ardente. Afin d’asseoir sa position, la dirigeante de la Cour d’Eté, celle qu’on ne connaît que sous le nom de « Dame Rousse », a rétabli l’antique tradition des parrainages faeriques. Des bébés humains sont scrupuleusement choisis (en fonction des rapports de ses ancêtres avec Faerie, le plus souvent) et se voit attribuer un parrain ou une marraine chargé de favoriser discrètement l’ascension sociale du mortel. Ce faisant, le ou la Fae est souvent considéré comme un bienfaiteur par le mortel, qui se sent le plus souvent redevable envers son parrain ou sa marraine. La Cour d’Eté tisse ainsi progressivement un réseau d’humains qui lui sont plus ou moins fidèles et ont reçu une éducation en partie faerique, renforçant la présence du Glamour dans la ville et ses environs.

Les autres forces
    Les émissaires de Dieu sont ceux dont la situation est la meilleure après celle des Fae. Leur pouvoir est encore grand, quoique de plus en plus réduit. Anges et mortels touchés par la Grâce ont fort à faire pour éviter de voir leur part du gâteau rognée.
Ceux qui suivent le Tentateur ont, il faut bien le dire, la belle vie. Leurs ennemis séculaires sont bien trop sur la défensive pour être enquiquinants et la criminalité et les débauches estudiantines ont atteint une force suffisante pour contenter les humbles Démons (et leurs suivants) qui vivent encore en ville.
Les enfants de Caïn sont extrêmement peu nombreux. A peine une trentaine de Vampires vivent encore dans cette région qui ne les a jamais vraiment bien accueillis.
Les Lycans, eux, sont de deux sortes. Une majorité est composée de membres des Fils de Fenrir et sont arrivés jadis à la suite des conquérants scandinaves. Ils vénèrent encore largement, en plus des traditions lycanthropes, les anciens Ases nordiques (Odin, Thor, Loki, Freya, etc.) Les autres sont des parias au sein de la société lycanthrope.
Les Mages ont installé un lieu d’enseignement dans les sous-sols de l’Ulg (encore plus bas que les cercles d’étudiants.) S’il n’a pas la réputation de certaine Chantry, il sert tout de même de lieu de ralliement pour la communauté de sorciers de la ville.
par Altrast publié dans : Jeux d'histoires communauté : Le Cercle des Passeurs de Rêve
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Jeudi 5 juin 2008
Et hop ! Petit descriptif de ce que je jouerai à Avatar cette année-ci, si tout va bien ! Enjoy !

QUI NOUS SOMMES
    "Ecoute-moi bien, vieil arbre ! D'accord, tu dois remplir un papier histoire de faire savoir aux chefs qui fait partie du voyage pour l'autre monde, mais c'est pas une raison pour m'enquiquiner. Pis là je vais devoir révéler des secrets que même chez nous tout le monde ne connaît pas. Alors si j'apprends que des yeux indiscrets se sont posés sur tes feuilles sans que tu ne les crèves, je m'arrangerai pour que, tôt ou tard, tu fasses connaissance avec un incendie, d'ac' ? Je suis content qu'on s'comprenne..."  

    Peuple de créatures humanoïdes, nous habitons principalement les forêts ou les plaines bordées de bosquets. Plutôt calmes et discrets de nature, nous défendons cependant notre territoire avec acharnement. Notre peuple est divisé en une vingtaine de tribus comprenant chacune entre 35 et 40 personnes. Nous avons pour coutume d'entretenir, à quelques kilomètres de notre lieu de vie (que nous appelons Douar Gwenn), une zone autrefois splendide, mais qu'une catastrophe naturelle ou la main de quelque chose a ravagé (Douar Du). Dans ce lieu, nous emmenons nos enfants afin de leur montrer ce qui arrivera si l'Abeg, la Cause, n'est pas soutenue par l'un d'entre-nous.

    Car nous croyons en l'Abeg, la Cause, le grand idéal, le but ultime de tout. Le point de vue qui triomphera et permettra à l'univers de réaliser sa chrysalide pour s'ouvrir enfin à ce qui est au-delà.
    Mais nous ne savons pas encore quel sera cet idéal. Alors, chacun à notre tour, nous finissons pas quitter notre tribu pour parcourir le multivers, rencontrant un maximum de personnes, apprenant ce qu'on veut bien partager avec nous. Jusqu'à trouver un Abeg qui n'ait pas encore été soutenu par l'un des nôtres. Alors nous nous y vouons, conseillant, agissant, toujours en douceur, pour que l'idée s'épanouisse, pour que ceux qui la portent deviennent de vrais leaders, pour que la Cause se répande.     Nous passons alors un pacte avec ces leaders. En échange de notre aide, ils prêtent le serment d'éternel retour (voir plus bas). Nous devenons alors les Magadurioù, l'humus fertiliseur, qui nourrit et fait grandir leur cause... Mais nous ne sommes pas la garantie de son succès, car, avant tout, un principe doit être élevé par ses créateurs et fervents. Si la cause s'effondre malgré notre aide, alors c'est qu'elle n'était pas l'Abeg et que les Ar re Enoront continueront de quitter leur Douar Gwenn pour errer à sa recherche.

    Note bien qu'en devenant Magadur, l'Ar re Enoront voit son corps se recouvrir progressivement de mousse végétale et de lierre, symbolisant sa nouvelle fonction dans l'ordre du monde. Sinon, le plus souvent, seules nos jambes subissent ce sort, et encore, pas tout le monde. Ceux et celles qui gardent leurs jambes normales sont appelés "Maen-Kailh".

    De même, lorsque l'un d'entre-nous trouve un espoir à servir, lorsqu'un Ar re Enoront devient un Magadur, il est assuré, à court, moyen ou long terme, de mourir pour cet espoir. Quand cela arrive, une graine peut être trouvée dans son estomac, graine qui devra être ramenée et plantée, quelque soit la difficulté du voyage, dans la Douar Gwenn dont il est issu. C'est ce qu'on appelle l'éternel retour, et c'est toujours l'une des personnes ayant prêté le serment du même nom qui accomplit le voyage. Car ce voyage doit être effectué. Les prestataires du serment sont donc sûrs qu'au moins l'un d'entre eux survivra. Il n'est par conséquent pas rare de voir chacune des personnes défendant la cause prêter serment au Magadur, histoire d'avoir une chance, même infime, de survivre. A l'inverse, certaines personnes, plus tyranniques ou égoïstes, trompent parfois leurs alliés afin d'être les seuls à jurer, s'assurant de survivre au moins jusqu'à l'accomplissement de l'éternel retour.

    Une fois la graine plantée, un nouvel Ar re Enoront naîtra, du sexe opposé à celui ou celle dont la mort l'a fait apparaître. La graine grandira pour servir et mourir un jour ou, qui sait, découvrir l'Abeg !


LES AR RE ENORONT ET LA GESTE
    Dans le monde des légendes, nous avons conclu une alliance avec plusieurs autres groupes, formant ce que nous avons fini par appeler la Geste. Récit de haut-faits en train de se construire, la Geste est ce par quoi êtres et choses doivent passer pour acquérir talents et renommées. En bien comme en mal...
    Et au sein de la Geste, notre nom parle pour nous. Nous sommes les Ar re Enoront, Ceux qui Honorent. Nous sommes les gardiens des serments et nous veillons à ce que les paroles échangées soient tenues. A ce titre, nous sommes également attentifs à parfaire le sens de l'honneur des Héros qui traversent Fort Fort Lointain.
    Tu te souviens que nous occupons généralement deux endroits différents, l'un paradisiaque, où nous vivons réellement (la Douar Gwenn) et l'autre complètement dévasté, stérile et globalement infréquentable (la Douar Du) ? Eh bien, outre ses vertus éducative pour nos jeunes générations, la Douar Du nous sert aussi à tester les Héros. Lorsqu'un bleu-bite nous est envoyé, on s'habille de vieilles hardes, on noircit nos dents, on brûle un peu le lierre qui nous recouvre, on se jaunit la peau et on va s'installer provisoirement dans les huttes bancales vaguement entassée dans la Douar Du. Là, nous attendons le Héros qui, lorsqu'il se présente, généralement après avoir subi une autre épreuve éprouvante, se voit offrir abri, protection, nourriture, conseils et renseignements utiles concernant sa quête, en échange d'un serment : découvrir ce qui a provoqué la dévastation de la Douar Du. Si, une fois sa quête accomplie, le Héros prend le temps de découvrir et de nous faire savoir ce qui est à la base de ce maudit paysage, alors c'est qu'il suit la voie de l'honneur et qu'il peut poursuivre son initiation. Sinon, il n'est que vénalité sans parole et est chassé de nos terres, afin que la rancoeur grandisse dans son âme et ne le pousse à devenir un Grand Méchant.
    Et après, tu t'en doutes, on vire les hardes, on va se laver un bon coup et on retourne dans nos maisons confortables en se tapant les côtes au souvenir de l'hilarante naïveté de ces blaireaux de Héros ! Ouais, tu l'as dit, on a la belle vie, en fait !

    Enfin, on avait, parce que là, c'est moins drôle : des Héros, y en a plus. 'Fin, en tout cas, ça fait un bail qu'on en a plus vu un seul débarquer par chez nous. Alors on est allé voir ce qu'il se passait et on est tombé sur les vous autres. On a consulté l'oracle pour savoir si nous devions vous accompagner et devine quoi : j'ai été désigné. Le premier qui me parle de destin, j'le bute... Moi j'dis, c'est une manoeuvre du shaman qu'en avait marre des risettes que me faisait sa fille. Mais bon, vu que j'étais en âge de devenir Magadur, j'avais pas vraiment le choix, et c'est pour ça que je suis là, moi, Kaouenn Lezirek, en train de bavasser avec toi. Tu vois à quoi ça tient, hein. Toutes des wasses, moi j'dis...
par Altrast publié dans : Jeux d'histoires communauté : Le Cercle des Passeurs de Rêve
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Mercredi 30 avril 2008
Qu'est-ce tu m'veux ? Hein ? Quoi ? T'espères en apprendre plus sur moi ? Pour qui tu bosses ? Ah, ouais, les Sidhes... Ben tiens. J'suppose que la tranquilité pouvait pas durer, hein ! Bon.

J'suis personne. Si si, j'te jure ! Avant, j'vivais du côté de Liège. Enfin, je dis « je », mais tu m'as compris, je parle de la masse de viscères dans laquelle je dois vivre maintenant. 'fin, y a pas tellement longtemps que j'me suis rendu compte. La chrysalide, c'est ça ? Ouais, ben elle m'est tombée dessus y a quoi... Trois ans ? Ouais, trois ans maxi. Bon, au début, je comprenais pas trop. Faut dire que j'étais pas gâté, mes vieux avaient contraint leur gosse à suivre des cours d'économie... Enfin bon, j'les ai pas supportés longtemps, j'me suis fait la malle avec quelques affaires et quelques potes. Un peu après l'épisode du cerf géant. Pas vraiment géant, mais impressionnant quand même. Il boulottait les géraniums de ma mère, comme ça, en pleine rue, sans que personne le voie ! Puis j'ai crié et je crois que les gens l'ont vu aussi, un instant, j'sais pas comment. Bref, j'ai compris qu'il valait mieux pas rester dans le coin.
On avait tous dix-huit ans, y pouvaient rien dire ! On connaissait qu'la ville, alors on a quitté l'Ardente pour une autre. La centrale. Capitale de l'Europe. Ca avait l'air bien, on s'est dit qu'on trouverait une planque peinarde et un boulot pas trop chiant. Après un mois, on a vite déchanté...

On était trop jeune, sans grand diplôme, sans le sou, avec des lambeaux de vêtements... Pour finir, la plupart de mes potes se sont tirés. Sont rentrés chez eux, ils ont rejoint leur monde de mortels. Les cons ! Moi, j'me démerdais de mieux en mieux, j'comprenais pas toujours tout, mais j'ai découvert que je pouvais manipuler les gens. 'Fin non, pas manipuler, mais un truc qui ressemble. Je peux jouer avec eux, alors ils ont envie de jouer avec moi. Enfin, les autres ils s'en foutaient : on damait que dalle par jour, on mendiait, on chapardait, mais y s'avaient plus leur confort. Alors y se sont tirés. On était plus que deux, pour finir, Arthur et moi. Il est bizarre, ce môme. Il a le même age que moi, mais il a l'air... ailleurs les trois quarts du temps. Mais alors, une voix... Il voulait pas repartir, ses vieux le trouvaient trop calme, ils pensaient qu'il déprimait et comptaient le mettre en asylum avec les dingos ! Ah ça, j'l'aurais pas toléré, non ! Alors je l'ai gardé. Il était pas contre et pour moi c'est pas une contrainte. Il râle jamais, a un appétit d'oiseaux et quand il chante, les gens lui filent du jonc. Perso, c'était tout bénèf, il rapportait la thune et je lui évitais les trop gros pépins, j'le faisais bouffer et j'lui trouvais un coin où pieuter.

Puis j'ai rencontré ce vieux prêtre. Par hasard, pendant qu'on faisait la queue à l'armée du Salut. Tout de suite, j'ai repéré qu'il avait une tronche bizarre : il avait presque autant de poils que Chewbacca, personne lui disait jamais merci, il portait un collier en forme de trèfle à quatre feuilles en plus de la croix habituelle. En plus, y racontait des histoires vraiment pas nettes pour un cureton ! Enfin, quand ça a été notre tour, y m'a regardé, a regardé le gamin d'un drôle d'air, puis moi du même, sans nous servir. Pis y m'a dit : « Mon fils, j'ai besoin de jeune gens vigoureux pour me donner un petit coup de main dans mon église : la maison du Seigneur a besoin de quelques réparations... Accepterais-tu de m'aider ? Nul doute que ton bon cœur sera récompensé. » C'est lui qui filait la soupe, j'ai préféré pas dire non. Et puis, avec son air bizarre, il me plaisait bien quand même. Et Arthur avait l'air de l'apprécier aussi, ce qui est toujours bon signe.
J'suis allé le rejoindre. J'avais laissé le môme dans le squat, histoire de vérifier le terrain. Dans l'église, y avait que lui et moi. Il m'a indiqué le confessionnal, j'y suis entré, lui aussi. Il m'a dit que je pouvais l'appeler Nix, ou Père Humphrey devant témoins. Et alors il m'a raconté. Ce que j'étais. Pourquoi et comment. Qui dirigeait dans l'coin, l'histoire des Fae, enfin ce qu'il en savait et qu'il avait pas oublié. Un topo complet, quoi. Comment nous vivions dans l'ombre, inspirant les humains, cachant notre véritable nature, créature perpétuellement prise entre deux mondes. Plus tard, il m'a présenté à un autre Boggan, patron d'un pub irlandais, histoire qu'on mange un bout. Ca m'fait un ou deux contacts dans la ville, même si ce sont pas des gens d'la haute.

Pour le moment, c'est calme. Nix m'a obtenu un permis et je suis devenu amuseur de rues. Jongleur, un peu musicien pour accompagner Arthur, acrobate... Je suis devenu une vraie bête du pavé ! Enfin, c'tait calme, jusqu'au moment où vous avez débarqué. Maintenant, j'sens les ennuis se profiler, aussi sûr que Pratchett est un putain d'bon écrivain ! Bah ! Au besoin, je foutrais encore le camp. J'fninirai bien par avoir l'habitude...

Allez, casse-toi maintenant ! J'ai du boulot et ta face de cire fait fuir les passants. Faut que j'gagne ma croûte, moi...
par Altrast publié dans : Jeux d'histoires communauté : Le Cercle des Passeurs de Rêve
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Mercredi 30 avril 2008
Histoire inutile et invraisemblable de Siléas Ambresprit



Siléas Ambresprit était un jeune homme sans grand intérêt vivant dans la belle et orgueilleuse Cité de Longbaston. Avec son bon ami, Ernesto Vilalune, fragile et inconséquent musicien et poète, il profitait de l'existence oisive des gens mal-nés sans grande perspective d'avenir.
Contraints comme tous les jeunes gens de la ville, filles ou garçons, d'accomplir un service militaire, ils se retrouvèrent, après une formation éprouvante quoique profitable, sur les fortifications de la Cité afin d'en surveiller les abords. Une nuit, alors que tout était calme, Siléas s'assoupit dans sa guérite et ne vit donc pas arriver les étranges et traînantes créatures qui, sans le moindre effort, détruisirent un pan de mur et s'immiscèrent dans la tranquillité obscure du sommeil des gens. Réveillé par le tocsin, il accourut mais n'eut que le temps de voir son ami assailli par des êtres humains pourrissant et hargneux.
Longbaston mena un rude combat pour éloigner les créatures, et de nombreux morts furent à déplorer. Mais à la pointe du jour, la victoire fut là. Sauf pour Ernesto, qui, ayant perdu un bras, un pied, une oreille et deux reins, dévorés par les monstres, ne survécut pas.

Bien que les autres citoyens le décourageaient de cette entreprise, Siléas donna la chasse aux Morts-Vivants, seul, pour venger son ami, et surprit les créatures dans une plaine rase, en pleine journée. Diminuées, quasiment abattues par la lumière du soleil, les horreurs ne se défendaient que péniblement. Mais elles étaient trop nombreuses et, blessé tant dans son orgueil que dans sa chair, Siléas dut fuir et regagner sa Cité. Là, il fut pris d'un mal étrange, comme beaucoup d'autres personnes, mais les médecins de la ville, habitués aux attaques de ce type et aux maladies causées par certaines créatures, le soignèrent sans grande difficulté.

Siléas ne souhaitait plus rester en place. Le souvenir de son ami et la honte de n'avoir pas pu le venger complètement le poursuivaient sans relâche. Il profita de la première opportunité pour quitter la Cité : un marchand souhaitait qu'une missive soit apportée à son cousin, résidant dans une ville voisine. Notre jeune homme quitta donc Longbaston sans grands regrets et atteint Sheridan deux semaines plus tard. Ayant été grassement payé pour son office et ayant pris le goût du voyage, il s'établit messager et accomplit son métier avec passion, accumulant de nombreuses connaissances sur les routes et chemins du pays et d'ailleurs.

Ce pays, justement, vivait dans un climat de tension quasi-permanent : toutes les Cités étant indépendantes et plus ou moins rivales, les conflits politiques ou militaires n'étaient pas rares. Et l'assassinat par des brigands de Sheridan d'un ambassadeur de la Cité de Clockwood fit éclater la haine que se vouaient ces deux Cités. Les mauvaises relations limitaient voire empêchaient les échanges. Moins d'échanges signifiait moins de commerce, donc moins de messages également. L'affaire de Siléas tournait au ralenti et ce dernier sombra dans une morne apathie, se contentant de fouiner à gauche et à droite, espionnant pour le compte de sa Cité tout en faisant un peu de contrebande. Pressé par le manque d'argent, il s'engagea, par dépit, dans l'armée, qu'il servit avec une bonne volonté très fluctuante durant un an.

Cependant, épris de voyage et de liberté comme il l'était, il ne supporta pas longtemps la contrainte de l'obéissance et déserta. Avant qu'il ait eu le temps de mettre assez de lieues entre l'armée et lui, il fut rattrapé et emprisonné pour désertion et vol (un fermier, profitant de l'aubaine, l'accusa du vol de ses moutons afin de se faire rembourser par la Cité) et condamné aux travaux forcés. Il fut envoyé comme esclave dans une carrière.
Il advint que le seigneur local inspecta un jour cette carrière. Lord Helmutt était malade : souffrant, peinant, toussant et exsudant une humeur noire et glaireuse, il paraissait aux yeux de tous comme destiné à un prochain trépas. Siléas ne connaissait que trop bien ces symptômes pour les avoir lui-même subi après son attaque inconsidérée des monstres qui avaient tué son ami. Soulevant difficilement son bras sous le poids des chaînes, il lança ces mots au souverain, mots qui furent retenus comme le chef-d'oeuvre d'impolitesse qu'ils sont (« poli comme Siléas » est devenu une raillerie populaire à Sheridan) :
Hey ! Oh, Monseigneur ? Hrum, je sais pourquoi vous crachez vos poumons et pourquoi les vêtements blancs vous sont interdits. Vous souffrez d'un mal noir et mortel, mais je connais des gens très malins qui vous en guériront facilement... »
Après une éternité de coups de pieds, de poings, de têtes, de pelles, de pioche, de brouette et autres instruments contondants saisis par les contremaîtres pour punir l'insolent, le Seigneur accumula assez de force pour ordonner l'arrêt de la bastonnade d'une voix sifflante. On interrogea le prisonnier qui fut gracié pour service rendu. Récupérant ses affaires, il prit la fuite et gagna le plus rapidement possible le port où il s'embarqua pour les terres de l'Ouest.

Arrivé dans une auberge miteuse, fauché comme les blés et ne connaissant personne, il croupit quelques temps dans ce bouge jusqu'à tomber sur une affiche parlant d'une femme du nom de Laÿla Silath qui semblait être en quête de mercenaires. Attiré par la perspective d'un nouveau voyage, il suivit les indications des locaux et se mit en quête de cette embaucheuse potentielle...
par Altrast publié dans : Jeux d'histoires communauté : Le Cercle des Passeurs de Rêve
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Mercredi 30 avril 2008
Arrf ! Salutations ! Mais entrez donc ! Asseyez-vous, je vous en prie. Non, pas là. Ce fauteuil est bien plus confortable. Vous prendrez bien une tasse de thé ? Et je suis sûr que vous goûterez à ces biscuits que je viens de sortir du four. Vous êtes bien installé ? Ces humains sont peut-être des fainéants patentés, mais je dois admettre que le mot confort a pris des connotations très agréables depuis que je les fréquente. On se console comme on peut, n'est-ce pas ?

Qui je suis et d'où je viens ? Regardez-moi, d'abord ! Je veux être sûr que vous êtes bien qui vous prétendez être ! Oui, bon. On fera avec. Quoi ? Alors, vous les aimez, ces biscuits ? Ahh, je suis bien content ! Je les ai fait goûter à de nombreuses personnes et vous êtes la première à les apprécier... Je débute en cuisine, voyez-vous. Depuis que je m'occupe d'un orphelinat. Il a bien fallu que je m'y mette.
Hrum, oui, vous avez raison. Eh bien, je suis originaire de la petite localité de Hekla, en Islande. L'Islande... Les volcans, les geysers, les failles... La nature dans toute sa puissance. Et les femmes. Les femmes ! Enfin... C'était le bon temps. Et puis les Normands sont arrivés. Les Normands. Les Vikings quoi. Vous savez, grande barbe, drakkars et corne d'hydromel ? Bon, passons * regard désespéré * ! Donc, les Vikings ont débarqué. C'était en 800, ou peut-être plus tôt. Ou plus tard. J'ai des problèmes avec les dates.
C'est à cette époque que j'ai rencontré ma Famille. Oui, avec une majuscule. Ce sont des humains, mais ils le méritaient bien. Des gens charmants. Le père était un peu rustre, et il a mis du temps avant de s'essuyer les pieds en rentrant, mais il a fini par y arriver. Mais des enfants incroyables. Après une génération, ils voulaient s'en repartir vers d'autres terres. Une île, un peu plus au sud, qu'y disaient. Ils me plaisaient bien, alors je les ai suivis. Précédés, plus exactement. Évidemment, ils ne m'avaient pas donné la bonne direction ! Je me suis d'abord trompé d'île... J'ai arpenté la verte Erin, terre de mes ancêtres, pendant au moins un siècle, avant de comprendre mon erreur. C'est au cours de cette errance que j'ai rencontré Siobhan Mc Firnisch. Elle vivait (hantait est peut-être plus correct...) une tourbière quelque part dans le Connemara. Cette vieille harpie (enfin, c'était une Bean Sidhe ravissante, mais elle avait sale caractère !) martyrisait une communauté de Gaëls particulièrement nombreuse. Dubh Lynn, je crois que c'est comme ça que s'appelle la ville maintenant.
C'est alors que ce prêtre est arrivé. Pardon, je devrai plutôt dire ce boucher ! Ce monstre nous connaissait bien. Trop bien. Il a fait fabriquer quelque chose en grand secret dans une grange. J'ai essayé de m'approcher (à l'époque, je vivais chez un cousin qui entretenait un cellier de marchands), mais je me retrouvais à chaque fois tremblant de peur et de dégoût à plus de vingt pas de la porte.
Ils sont entrés dans le marais. Elle a couru. Longtemps. Mais ils étaient nombreux. Trop nombreux. Et surtout, ils avaient du fer. Dans la tête, là où aucune magie ne peut le déloger. Ils l'ont attrapée et traînée sur la place du village. Les villageois voulaient la brûler. Un vieillard a tenté d'argumenter (je lui ai parlé par après. Il portait un nom bien connu dans la région : Gwyddion. Un descendant des Druides, assurément...) mais rien n'y a fait. La Fae allait payer pour sa méchanceté (faut dire qu'elle l'avait un peu cherché : elle tissait des vêtements d'effroi et pour générer les sentiments qu'elle emprisonnait dans ses étoffes, elle capturait les enfants et faisait porter des bouts de chair à leurs parents... Oh, elle ne les tuait jamais ! Elle finissait par les rendre, en bonne santé, mais... pas tout à fait indemnes).
Mais le prêtre avait une meilleure idée que le feu. Il disait que ça allait prouver de façon éclatante que la femme était une démone. Alors il a fait sortir la chose sur laquelle il avait fait travailler le forgeron depuis tant de temps.
C'était... Une pure horreur ! Un grand lit de fer froid. Des sangles aux quatre coins. Et des bandes du métal honni destinées à recouvrir entièrement la personne attachée dessus. Ohhhh oui, il nous connaissait bien, ce monstre. Pas besoin de vous raconter la suite, n'est-ce pas ? De toutes façons, je ne pourrais pas. Jamais. Ses cris... Par la Grande Dame. Non, jamais !

C'était ma première confrontation véritable avec cette nouvelle religion. Et je dois dire que ma première impression était plutôt radicale. Je décidais de suivre ce prêtre. Je voulais le tuer. Lui et ceux qui le suivaient. Ils gagnaient l'autre île, celle des Scots. Qui plus est, j'allais peut-être pouvoir retrouver mes filleuls.
Nous arrivâmes en Bretagne en l'an 1075. Et effectivement, j'ai retrouvé ma Famille ! Ces idiots avaient été déportés sur le continent et avaient du livrer bataille pour atteindre leur destination première, avec quasiment deux siècles de retard. Évidemment, les mortels que j'avais connus étaient morts depuis longtemps. J'ai repris contact discrètement avec eux. Ils se souvenaient de moi, les braves gens ! Enfin, en tous les cas, ils se souvenaient des histoires de leur grand-mère, mais je n'allais pas faire la fine bouche... D'autant plus que j'allais avoir besoin d'eux pour approcher ce prêtre. Lui aussi avait du fer dans la tête !
Alors, j'échafaudais mon plan. Un des enfants montrait des aptitudes à l'éducation, ses parents l'envoyèrent donc, de façon fort logique et appropriée, au monastère local, de manière à lui faire suivre un enseignement religieux. J'avais maintenant un homme dans la place et pouvais soigneusement constituer une réserve d'informations très intéressantes...
Par curiosité et pour me familiariser avec la manière de penser de mon désormais ennemi, je demandais au garçon (à cette époque, le contact avec les humains pouvait encore être spontané et presque normal) de me raconter ses livres et ses leçons (sauf le latin. J'ai eu beau essayé, rien à faire ! Des mots qui changent de forme selon leurs rôles, ça ne me paraît pas naturel !). Au passage, j'ai aussi appris à lire.
Mais ce dont il me parlait me semblait étrange : au lieu de l'orgie de sang et de destruction, au lieu de la haine, je découvrais un message d'amour et de paix dans la foi, une volonté d'entraide et de communion entre les êtres. Je ne m'y attendais pas et j'ai d'abord accusé le garçon de vouloir me tromper. Mais j'ai tôt senti sa sincérité. Ainsi que celle, de plus en plus forte, du reste de sa famille. On les avait convertis simplement en envoyant l'un d'entre eux leur lire un livre ! Cette nouvelle religion prenait des voies singulières pour se propager. Et ça marchait ! À merveille, même. Il était grand temps d'agir si nous ne voulions pas être tous condamnés à mourir par le fer.
Alors j'ai agi. De nuit. Sans l'aide du garçon, mais avec des brigands quelconques que j'avais engagés dans une taverne. Ils ont bouté le feu à un coin du monastère et, pendant que le Diacre (c'est le titre que portait le monstre à face d'homme) courait vers les lieux du drame, je l'ai fait chuter. Il s'est brisé la nuque. On l'a pleuré longtemps dans la communauté. Les hommes sont-ils aveugles, ignorants ou juste bêtes ? Ou peut-être nous prenaient-ils vraiment pour des démons (il faut dire que leur livre était très explicite concernant les démons. Très clairement, je n'aimerais pas en rencontrer...). Mais nous ne sommes pas des monstres, nous sommes justes... autres. Je ne comprenais pas comment on pouvait prôner un message d'amour fraternel et en même temps condamner quelqu'un à mourir dans d'atroces souffrances ! Puis, je me suis calmé. Et j'ai à nouveau observé les humains fraîchement convertis. Et je me suis aussi converti. Enfin, non, pas exactement. Mais j'ai compris. Compris que leur Dieu et les anciens dieux n'étaient qu'un. Une seule et même force d'origine, seuls les noms changeaient. Et les hommes qui les prononçaient, hélas. De là venaient les problèmes, de là venait la haine. C'est là qu'il fallait montrer la Faerie du monde ! Il ne fallait pas œuvrer contre, mais avec le Crucifié et ses suivants. Mon choix était fait ! Désormais, je montrerai comment unir l'ancien et le nouveau.
Aussi, je m'installai avec les frères bénédictins locaux. Et c'est à nouveau l'un de leur monastère que j'ai rejoint lorsque mes Kinains ont émigrés vers la ville au début du 19ème siècle (seigneur, comme le temps passe...)
Oh, mais je parle, je parle, et vous avez fini votre thé. Reprenez-donc un biscuit pendant que je vais vous resservir. Voilà qui est fait. Vous ne mangez plus ? Comme vous voulez !
Où en étais-je... ? Ah oui, Londres ! Quelle ville fascinante. Je préfère la campagne, mais je suis tout de même impressionné par ce que les hommes arrivent à bâtir de nos jours. Quel dommage que seule une poignée d'entre eux soient réellement des Artistes. Sans cela, leurs villes seraient des incarnations modernes du Songe. Ce que je fais pour le moment ? Oh, eh bien ma foi je m'occupe. Je continue de veiller sur mes Kinains et sur mon église. Oh, oui, je ne vous ai pas dit : je suis devenu un Kirkegrim ! Hum, mais je dois avouer que je ne suis pas très doué. Les bancs auraient besoin d'un bon lustrage, mais je ne m'y mets pas facilement. Pas par paresse, mais c'est juste que la dernière fois que j'ai voulu planter un clou, j'ai perforé le cadre que je voulais accrocher et assommé un des mes frères... Enfin. Je suis plus doué pour soulager et porter l'aide aux démunis. D'ailleurs, le père supérieur me demande souvent d'écouter les gens, quand bien même je ne suis pas ordonné et apte à recevoir la confession.
Les gens m'aiment bien. Ils aiment mes histoires, aussi. Je suis un moine bizarre, et quelque part, ça les rassure, je le sais. Ils sentent parfois que l'ordre est un carcan et voudraient s'en libérer. Je les aide parfois, comme je peux, comme ils le méritent, surtout. Et certains le méritent bien.
Mes Kinains, dites-vous ? Làs, je dois avouer que la famille s'est bien réduite. Ils ne sont plus que deux : une femme qui travaille dans une fabrique de chaussures le jour et écrit des romans sulfureux la nuit. Ca ne vous paraît pas très glamour, tout ceci, je me trompe ? Et pourtant, vous devriez lire certains de ses livres. Ils sont étonnants. Quant au deuxième, il s'agit de son frère. Un voyou qui passe sa vie dans les rues et que je ramène souvent dormir à l'orphelinat. Il a peur de moi, je crois. Je ne peux pas décemment lui dire qui nous sommes, mais il a été pris dans une Chimère un jour. Et depuis, il a peur et cauchemarde. Je le surveille par amitié pour sa famille, mais je dois confesser qu'il m'est de plus en plus pénible de m'occuper de lui. Un jour, il me frappera dans le dos, je le sais. Mais je ne peux pas m'en débarrasser. Je me contente de veiller à ce qu'il en apprenne le moins possible sur moi...

Comment je suis entré dans la maison Eiluned ? L'un des leurs était recherché par les autorités locales et je lui ai accordé droit d'asile dans l'église. Le problème, c'est que ma hiérarchie ne m'a pas suivi sur ce point et que j'ai du le livrer, contraint et forcé. Un jour, un gamin m'adresse la parole dans la rue, me demandant son chemin. Pendant que je réfléchissais à l'itinéraire le plus court, il a posé la main sur son épaule et a récité un vieux poème en gaélique.. C'était fait : un Geis ! Je suis devenu vassal de la maison en réparation du préjudice subi par un des Sidhes qui la dirige... Au final, je ne m'en plains pas : ils ne sont pas très exigeants (mon orbe de compétence voisine rarement avec les leurs) et j'ai pu avoir accès à certaines sources d'informations assez intéressantes. Et puis, je ne suis que vassal, certes, mais la maison jette quand même un œil sur moi pour le jour où je lui serai utile...

Voilà quelle est ma situation, à l'heure actuelle. Encore une tasse de thé ou un biscuit ? Ah, vous devez partir... Eh bien, j'ai été ravi de cet entretien !
Portez-vous bien, cher ami, et prenez bien soin des archives de notre Maison !
par Altrast publié dans : Jeux d'histoires communauté : Le Cercle des Passeurs de Rêve
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Mercredi 30 avril 2008
" Sang et Foutre, où est encore passé ce maudit Satyre ? " Kertak Tendrami, Minotaure et Censeur Éclipsiste du Cryptogramme-Magicien, attendait son ami Sorofrêne le Satyre. Alàs, celui-ci, comme tous ceux de son espèce, avait une fâcheuse tendance à courir tout ce qui portait jupon. Et hors de question pour Sorofrêne de recourir à la racine de Mandragore, seule substance capable de réfréner ses instincts. C'eut été prendre le risque d'attirer sur lui l'attention de la Petite Mort. Sans parler de sa réputation, bien entendu. Donc, Kertak attendait, ombre massive et cornue tapie dans la ruelle. Ils devaient aller retrouver Lublijana, leur amie Farfadine et Petite Chasseresse, car ils étaient tous trois sur la piste d'un réseau de trafiquants de Danseurs. Et la lubricité de cette chèvre inconsciente les mettait une nouvelle fois en retard !

Soudain, il perçut un mouvement et des voix provenant de l'intérieur : deux personnes semblaient argumenter assez vivement. La porte s'ouvrit avec fracas et un homme aux pieds en forme de sabots fut brusquement projeté par l'ouverture. Un colosse apparut dans l'embrasure et apostropha le Satyre écroulé sur les pavés : " Et que j't'y r'prenions plus à clapauter près d'mes filles, ou j'srions moins aimable une aut' fois ! "
Alors que la brute semblait vouloir frapper une nouvelle fois Sorofrêne, Kertak s'interposa. Quand il vit l'immense Minotaure surgir devant lui, l'hommeeuta un mouvement de recul : il est vrai qu'une masse de muscle de 2,30 m armé d'une hache à double tranchant, ça ne pousse pas au bellicisme.
" Je vous présente mes excuses, au nom de mon ami " Tonna le Minotaure.
Immédiatement, l'attitude de l'individu changea : de la colère assurée, il passa à la terreur la plus abjecte : " Va-t-en d'là, Démon, j'voulions point avoir affaire à toi " s'exclama-t-il avant de disparaître à l'intérieur.
Le Censeur poussa un soupir de rage contenue. Ces maudits humains n'apprendraient-ils donc jamais à faire la différence entre un Démon des Abysses et un Minotaure Renégat ? C'était à vous dégoûter de l'Inspiration !
Une voix s'élèva des pavés :
-" Merci encore une fois, mon ami. Tu viens de m'éviter une altercation oiseuse alors que nous sommes déjà en retard. "
Cette fois, c'en était trop pour Kertak, qui attrapa le Satyre et le soulèva aussi facilement que s'il s'était agi de la choppe de bière forcément vide d'un Ogre :
- "C'est la faute de ton inconséquence, si nous sommes en retard. Lublijana a risqué sa vie pour que nous puissions mettre un terme à ce trafic, et elle la risque encore sûrement en ce moment ! Je ne tolèrerais plus que tu nous mettes en danger avec tes galopinades inopinées, compris ? "
- "Du calme, du calme, voyons", rétorqua Sorofrêne, " Je te signale que si cet abruti mal instruit ne couvait pas ses filles avec autant d'assiduité, il y a longtemps que j'en aurais fini avec elles.
Le Minotaure reposa son ami avant de commettre un acte irréparable, puis se mit en marche en disant :
- " Dépêchons-nous. Tu dois encore récupérer ton cistre avant que nous n'allions rejoindre Lublijana, et nous avons déjà perdu assez de temps. J'espère que notre opération ne sera pas compromise. " Puis, avec un petit sourire :
" Au fait, elles étaient comment, les filles du forgeron ? "
                 
                        ***

 " Allez, dépêchez-vous, de grand profits nous attendent aujourd'hui mes Disciples ! "

Lublijana observait cette bande d'illuminés depuis plusieurs semaines déjà. En tant que Petite Chasseresse attitrée de la baronnie de Rochronde, elle était également chargée de contrôler le commerce de Danseurs sur la région. Et ces fanatiques se livrait à un trafic hautement illégal, et à grande échelle, en plus ! Voilà pourquoi elle avait demandé l'aide de ses amis Kertak et Sorofrêne. Mais ils étaient en retard, et s'ils n'arrivaient pas bien vite, toute leur opération tombait à l'eau. En effet, seul un flagrant délit pouvait mener à l'arrestation des contrebandiers. Mais à elle seule, aucune chance de mettre plus de 10 hommes en fuite. Et ils s'apprêtaient à partir vers les Milles-Tours, fief des Mages de toutes obédiences, pour tenter de fourguer leur marchandise à des renégats du Cryptogramme-Magicien.  De la cachette où elle se trouvait, sous les combles d'un toit, elle pouvait voir les petites cages se balancer à la ceinture des trafiquants, empêchant les pauvres Danseurs prisonniers de bouger. Un sort terrible pour ces créatures dont la seule occupation est la Danse ! Ce spectacle soulevait Lublijana d'indignation.

Mais un bruit se fit entendre dans la ruelle en contrebas

***


Lublijana abandonna un instant son poste d'observation pour examiner l'origine de ce
bruit. Une ombre massive escaladait le mur, ses paumes semblant coller à la paroi.
Son regard, habitués aux turpitudes des Danseurs, permit à la Petite Chasseresse de
distinguer l'un d'entre eux, tourbillonnant sur les avant-bras du grimpeur inconnu. À
la figure peu rassurée qu'il arborait, la Farfadine reconnut sans peine son ami
Kertak, qui n'avait jamais apprécié d'avoir à se livrer à ce genre d'acrobaties.
- Cornes de la Bête, chuchota-t-il. Je ne comprendrai jamais le plaisir que peuvent
trouver les Farfadets à se percher sur les toits glissants de Lorgol.
- Il s'agit bien de plaisir aujourd'hui, répondit Lublijana du même ton en aidant tant
bien que mal son ami à se hisser sur la corniche de pierre. Vous êtes en retard !
J'ai bien cru que vous n'arriveriez jamais, dit-elle tandis que Sorofrêne se
glissait à leur côté.
- Plaint-en au bouc, ce sont ses galvaudages qui nous ont retardés. D'abord,
Monsieur joue les jolis cœurs, puis il se permet également d'égarer son cistre et
de m'obliger à le chercher longuement avec lui, pour finalement le retrouver dans
l'armoire où il prétendait être sûr de ne l'avoir rangé ! Il me désespère...
- Ah ! Mais vous savez à quel point il est difficile de renier sa Nature. Surtout
quand celle-ci est votre Mère. Ce n'est pas toi qui me contrediras, belle demoiselle.
- Sorofrêne, ne te sert plus jamais de la Dame comme d'une excuse en ma présence !
Ne t'es-tu pas déjà attiré les foudres d'un Cénacle Lorgolien par ce genre de parole
?
- Ces rustres ne comprenaient rien à l'art. Ni à la vie, d'ailleurs. Comment
voulez-vous vous accomplir en restant enfermer une ville ? Ils manquaient du plus
élémentaire bon sens. Et puis, n'oubliez pas que sans ces petits démêlés, nous
n'aurions jamais eu le plaisir de nous rencontrer, mes amis.
- En effet, à quoi avons-nous failli échapper, grinça le Minotaure. Qu'importe ! Une
longue nuit nous attend, et nous n'avons déjà que trop tardé ! Lublijana, quelle est
la situation ici ?

Les trois investigateurs se penchèrent discrètement vers la cour pour observer le
rassemblement qui se poursuivait en contre-bas.

- Voilà deux heures que ça a commencé, reprit la Farfadine. Ils sont arrivés un à
un, rapidement très attentifs aux propos de ce type, là (elle indiqua un homme svelte,
vêtu d'un rouge éclatant et perché sur une estrade de fortune composée d'un vieux
cageot et d'une planche branlante), qui n'a cessé de les haranguer contre
"l'intolérable liberté dont jouissent ces faibles créatures", dit-elle avec une
grimace de profond dégoût. Vous aurez compris qu'il parlait des Danseurs...
- Hrum, grogna Kertak en portant la main à ses cornes, où se nichaient les deux
frêles créatures qui rendaient possible au Censeur la pratique de l'Emprise, cette
magie codifiée par le Cryptogramme-Magicien. Le Minotaure ressentait une profonde
affection pour les petits êtres, sentiment qui était d'ailleurs réciproque, et il
lui était inconcevable qu'on puisse vouloir du mal à d'aussi fantastiques créatures.
- Attendez, les prévint soudain Sorofrêne. Un autre homme vient d'arriver.

***

L'homme était également vêtu de rouge. Pourpoint et bottes sont en cuir et grinçaient à chacun de ses mouvements. Une cape fourrée, jetée sur ses épaules dissimulait ses bras. Un visage fin, encadré par des mèches noires entremêlées de métal brillant. Les trois Inspirés contemplèrent, révulsés, la myriade de Danseurs pris au piège de cette chevelure. Les petits androgynes semblaient être eux-mêmes tissés dans les mèches, figures de souffrance impuissante.
Un Obscurantiste, sans le moindre doute. Des Mages étranges, adepte du Supplice, qui doivent torturer leurs Danseurs pour obtenir les étincelles nécessaires à leur art.
Le Mage s'avança, prit place à son tour sur l'estrade branlante sous les yeux fanatiques des humains rassemblés ici :
" - Frères ! dit-il, et sa voix résonnait jusqu'aux extrémités de la cour, emplissant le moindre interstice d'une sonorité puissante.
- Le temps est venu. Depuis des mois, vous parcourez les campagnes environnantes, vous écumez les cités à la recherche de cette engeance purulente, qui cache sa monstruosité derrière une façade de grâce et de finesse. Mais je vous ai ouvert les yeux, et vous avez alors constaté par vous-mêmes la réalité : ces parasites empoisonnent nos campagnes et ravagent nos villes ! Ils sont derrières chaque perte de bétail, chaque pierre qui tombe de nos murs. Ils effraient ou fascinent nos enfants, mais dans tous les cas ils les forcent à s’éloigner des sentiers sûrs. Leur liberté est un fléau ! Un fléau que nous allons, que vous allez contribuer à éradiquer ce soir. En emprisonnant ces êtres corrompus, vous allez rendre à notre monde sa pureté originelle. Vous êtes les Messagers d’une ère de paix et prospérité.
Mais prenez garde ! Certaines personnes ne voient pas la grandeur de notre cause. Eux, les Mages du Cryptogramme-Magicien, ainsi que ceux qui surveillent et prennent soin de nos ennemis et se font appeler Petits Chasseurs, tous ceux-là restent aveugles à l’ignominie de ce qu’ils appellent Danseurs. Ils sont puissants et s’opposent à nous. Voilà pourquoi nous sommes contraints de nous cacher dans ces arrières-cours poussiéreuses. Mais viendra un jour où leurs regards s’ouvriront à la réalité, et nous pourrons œuvrer de concert à la Purification !
En route, mes Frères, en route ! Nous allons rendre à ces créatures la place d’esclave qui est la leur, en les vendant à mes frères Obscurantistes. Entre leurs mains, ils expieront dans la douleur la plus intense les forfaits qu’ils ont commis. Un juste retour des choses.

***

Tandis que les acclamations retentissaient, les trois Saisonnins se regardaient, consternés par ce qu’ils venaient d’entendre.
- Mais ils sont complètement allumés! Mais je m’en vais te les pendre, moi, ces tortionnaires ! Je les enfermerai dans une prison d’épines ! On verra s’ils apprécieront ! s’essouffla Lublijana.
- En vouloir à une si jolie créature, si intéressante, si pleine de vie et si manifestement inconsciente, voilà qui me dépasse ! répliqua Sorofrêne, abasourdis.
- Je savais que les Obscurantistes n’avaient pas un amour inconditionnel pour les Danseurs, mais de là à les accuser de tous les maux et à les persécuter de telle façon, il y a une marge de taille, s’étonna le Minotaure. En tous cas, poursuivit-il, voilà qui change la donne ! C’est un Mage, et il contrevient aux préceptes du Cryptogramme-Magicien. Autrement dit, il est à moi. Lublijana, Sorofrêne, débrouillez-vous pour créer un maximum de confusion. Tant que vous y êtes, libérez les Danseurs. Moi, je me charge de l’Obscurantiste.

***


Il les observait, ravis, former cette masse grouillante et unanime. Il les entendait scander des mots de mort à l’encontre des Danseurs et respirait les effluves de son pouvoir, ce pouvoir que son maître lui avait promis et dont l’ampleur grandirait au fil de sa servitude. Il ne comprenait pas pourquoi il lui fallait chasser ainsi les gracieux petits acrobates, mais il savait qu’il ferait tout pour contenter le Vagabond qui lui avait montré la voie de la Puissance… Voyant que la meute était prête à se mettre en route, il abandonna la suite des opérations à son élève, celui à qui il comptait dévoiler à son tour le chemin de la gloire, et enfila une ruelle, décidé à aller faire son rapport.

***


Les hommes entassèrent les petites cages dans un chariot bâché, auquel était accrochée une mule. Ils comparèrent leurs prises, se congratulèrent, s’apostrophèrent, le tout dans la joie et la satisfaction. Le Maître étaitcontent d’eux ! Il était fier de les avoir choisis, de leur avoir montré la vraie cause des malheurs du monde. La plénitude qu’ils ressentaient était indescriptible. Jamais ils ne s'étaient sentis aussi important.
Tout à leur liesse, ils n’entendirent pas la subtile mélodie qui tomba dans leurs esprits depuis le toit, s’infiltrant, s’insinuant, répandant d’étranges voix et murmures.
Soudain, un homme en frappa un autre, mettant toute sa puissance dans un coup dévastateur qui brisa le nez et les pommettes de celui qui lui faisait face. L’assaillant contempla, médusé, le sang qui gouttait de son poing serré et les éclaboussures carmines qui maculaient sa chemise.
Les autres crièrent au traître, à l’ennemi, au meurtre, mais lui ne comprenait pas. Il avait essayé de résister à la voix impérieuse qui avait soudain résonné en lui, mais sur le moment, la seule chose raisonnable avait semblé être de lui obéir. Trop tard cependant pour s’expliquer, la camaraderie avait fait place à la haine. D’autres coups furent donnés, des couteaux sortis, le sang gicla en corolle rouge sombre sur les pavés noircis, les visages se crispèrent, la colère brilla dans les yeux. Oublié, le discours du Maître. Seule comptait maintenant la vengeance. Qui attaque qui, impossible de le dire, la mêlée est totale.
Et tandis que les cordes du cistre désaccordaient l’âme des hommes, une ombre furtive se glissa auprès du chariot.


***
« C’est vrai qu’il est parfois un peu pénible à supporter, mais il faut avouer qu’il est sacrément efficace, le Satyre ! » Pensa Lublijana, dissimulée sous la carriole et observant les intenses échanges physiques se déroulant dans la cour.
« Bon, allez, au boulot ! »
Elle se hissa à l’arrière du chariot, passa sous la bâche, à l’abri des regards. Le cœur serré, elle contempla les Danseurs apathiques qui se morfondaient dans leurs prisons de métal.
« Courage, les enfants, c’est bientôt fini. » Murmura-t-elle dans un souffle. La sculpture, la forge, la Matière et sa manipulation, profane ou magique, n’ont plus de secret pour elle. D’un geste, elle effleura les cages, faisant s’effriter les barreaux, qui tombèrent en copeaux de rouille.
Les Danseurs, ivres de leur liberté retrouvée, bondirent à l’extérieur du chariot, tissant un réseau d’étincelles incroyablement dense qui recouvrit bientôt la cour. La Farfadine profita des lézardes d’un mur voisin pour regagner l’abri des toits.

***


Le mystérieux musicien avait cessé de faire résonner sa mélodie de haine dont les effets s’estompèrent peu à peu. Les pugilistes se regardèrent, soudain saisis par l’étonnement de ce qu’ils étaient en train de faire.
« - Guerolne, pourquoi est-ce que je te tape dessus ?
- C’est p’tet parce que j’t’ai balancé une brique dans l’dos ? » Répondit l’autre, incertain
Une lumière étrange les poussa à oublier pour un temps ces épineuses questions. Ils levèrent les yeux, de même que tout les autres illuminés de la cour, et virent se tresser au-dessus de leurs têtes un filet acéré d’énergie pure. Les maillons tressés s’abattirent sur les hommes, broyant les chairs, déchiquetant les membres et faisant jaillir des escarbilles osseuses des corps maintenant agonisants...

***


Sorofrêne avait détourné les yeux de l’horrible spectacle qu’offrait à présent la cour. Voyant revenir son amie Farfadine, il la complimenta :
« - Tu avais à peine investi le chariot que les Danseurs en jaillissaient. Tu te débrouilles toujours aussi bien avec les serrures ! Note que je préfère quand même quand tu combats : ça me fait toujours rire de voir ces lourdauds engoncés dans leurs armures de métal se moquer du courage que tu montres en les affrontant., jusqu’au moment où ils sentent leurs armures fondre en emportant une bonne partie de leur peau…
- Je dois à mon tour reconnaître, répondit Lublijana, qu’il n’y a pas de meilleur lanceur de Tarasque au milieu d’un jeu de boules que toi ! Mais c’est quand même plus marrant quand tu les fais souiller leurs pantalons de trouille en ravivant leurs peurs du fond de leurs esprits ! »
Ils se regardèrent et sourirent, puis décidèrent d’aller voir ce qu’était devenu le Minotaure.

***


« Quelle belle nuit ! » Pensait l’homme. Comme il lui semblait facile de manipuler les gens ! Et pas seulement ces abrutis qu’il avait laissés derrière lui, non. Eux n’étaient que du menu-fretin que n’importe quel crétin un peu charismatique aurait pu conduire aux pires extrémités. Non, ce qui le gorgeait de plaisir, l’évènement qui lui avait fait prendre conscience de sa puissance, c’est la réaction de ses pairs au sein du Cryptogramme-Magicien. Tous ces Mages bouffis de suffisance n’avaient  pas même vaguement senti sa trahison. Il était parvenu à les berner tous. Même le principal de l’Académie, le célèbre Orchal, qui avait combattu aux côtes d’Agone de Rochronde, n’avait rien remarqué. L’esprit embrumé de l’homme voyait comme des étincelles de pouvoir lui danser aux bouts des doigts. Il s’était bien senti observé à un moment ou l’autre, mais il supposait que c’était le Maître ou un de ses sbires qui s’assuraient de la bonne marche des évènements.
Voilà pourquoi il déambulait dans les ruelles sombres constituants cette zone des bas-quartiers de Lorgol sans le moins du monde se méfier.
Mais un sifflement rauque derrière-lui le fit sursauter. Maintenant attentif, il vit les deux Danseurs qui cabriolaient autour de lui. Instinctivement, il secoua sa chevelure selon une cadence et un mouvement bien précis, et une dizaine de Danseurs en tombèrent et entamèrent un ballet saccadé et douloureux.
Trop tard ! La danse de grâce a vaincu la danse de peine, et les étincelles bleues s’assemblèrent autour de l’Obscurantiste, l’emprisonnant entre des barreaux lumineux et translucides.
« Mage ! gronda une voix depuis une ruelle voisine. Pour avoir contrevenu au premier codat de la Charte cryptogrammique, qui impose la protection des Danseurs, moi, Censeur délégué par le Haut-Mage urguemand, je te condamne à une interdiction d’Emprise d’un an reconductible, ainsi qu’à une confiscation au mieux temporaire de tes Danseurs, édicta le Minotaure, le visage dissimulé par une toile noire.
- Pauvre fou, éructa l’autre. Tu penses vraiment pouvoir m’arrêter avec un minable tour d’Éclipsiste, moi, un Chorégraphe ? »
Les Chorégraphes sont des Mages incroyablement avancés dans la compréhension de l’Emprise. Ils sont parvenus à faire réfléchir leurs Danseurs comme une communauté et à les faire danser ensemble, tissant des sorts d’une puissance incroyable !
« Nul n’est au-dessus des lois, qu’il soit Chorégraphe ou simple Terne. Tu n’échapperas pas à ma sentence. Quand bien même tu te débarrasserais de moi, un autre prendrait ma place. Les Censeurs ne font jamais d’exceptions. Jamais… «
Un gargouillis étouffé se fit entendre de la même direction que le sifflement de tout à l’heure. Kertak marqua un temps d’arrêt, la figure imperturbable. L’autre partit d’un rire franc :
« Il me semble que ton espion vient de rendre l’âme. Mon Maître est venu te chercher. Quant à moi, il est temps que je te quitte. »
Et avant que le Censeur ait pu faire le moindre signe pour dissiper sa prison d’étincelles et agir, l’homme empoigna un de ses Danseurs et lui arracha la tête. Une gerbe semblant faite d’étincelles liquides, d’un noir vaguement lumineux, sourdit de l’acrobate décapité. Son maître disparut sans laisser la moindre trace, jusqu’au moment où Kertak demanda à ses Danseurs d’annuler l’enchantement. La scène fut à nouveau plongée dans le noir, et seul le Danseur mutilé et saignant gisait à l’endroit précédemment occupé par le Mage renégat, triste aveu de l’échec du Censeur.
Surgirent alors des ruelles environnantes une vingtaine de silhouettes humanoïdes, armées et vêtues de bric et de broc. Leurs mouvements étaient hachés, inhumain, comme s’ils étaient sous l’emprise d’un esprit supérieur qui les manipulait depuis l’ombre. Surpris de cette attaque, le Minotaure n’eut pas le temps de lancer ses Danseurs. Il empoigna sa hache double et la fit tournoyer autour de lui afin de faire reculer ses assaillants. Deux n’eurent pas le temps – ou la  volonté – d’esquiver le coup et s’écroulèrent, le torse broyé par la violence de l’attaque. Le Saisonnin était une ombre de fureur. Faisant appel à sa Flamme et au pouvoir des Muses, il s’entoura d’une aura lumineuse, se protégeant des armes de ses adversaires. Les lames ricochèrent et ne parvinrent guère à entamer le cuir du Censeur. Celui-ci bondissait, courrait, frappait, rompait, parait et entaillait à tours de hache, fendant les crânes et tranchant les membres des monstrueux pantins qui l’enserraient de toute part. Au bout de plusieurs minutes d’un combat épuisant, il ne resta plus aucun adversaire debout autour de lui.
Haletant, il se diriga vers le cadavre du Danseur. En le ramenant à l’Académie, il espèrait pouvoir retrouver son propriétaire grâce à la marque qui orne tous les Danseurs « déclarés » au Cryptogramme-Magicien. L’Inspiré sent italors un poids subit sur son dos. Un dernier pantin, qui s’était dissimulé, venait de lui sauter dessus. Il plaqua sa main frêle sur le visage du Saisonnin.
Kertak se figea, sentant sa Flamme s’atténuer et l’échos du chant des Muses s’altérer, se troubler. Le chœur de l’Harmonde, qu’il entendait depuis son inspiration sans même s’en rendre compte, devint cassant, dissonant tandis qu’il se rassemblait autour d’une voix à la fois unique et multiple. Une voix dont la puissance souffla littéralement le Minotaure et dont les échos semblaient être myriades. Kertak luttait, désespéré. Il savait les Muses moribondes mais était loin d’imaginer l’Ennemi si puissant.
«  Vois-tu, puissant Censeur, les Muses t’ont menti, comme elles ont trompé tant d’autres personnes. Regardes-toi ! Qu’es-tu sinon un pion entre les mains du Conseil des Décans ? Tu me combats, alors que je peux tant t’apporter… »
Le Conseil des Décans, cette assemblée de Saisonnins de toutes sortes qui chapeautait le combat pour l’Inspiration en octroyant les Flammes restantes à ceux qui en étaient dignes et qui luttait contre la Menace autant que faire se peut. L’homme est diablement bien renseigné s’il est au courant de son existence. Ce dernier continua :
« Que caches-tu au fond de ton être ? Quel est ce souhait que tu réchauffes à la chaleur de ta Flamme ? Oh, je sais bien ce qui te tourmente. Tu es seul, irrémédiablement, car seules les Abysses peuvent te fournir une compagne. Et moi, bien entendu. Car j’ai des liens avec les Hauts-Diables, et ils me doivent quelques services »
Un jeune homme encapuchonné se tenait près de Kertak. Sa beauté était époustouflante, pourtant le Saisonnin ne parvint pas vraiment à distinguer ses traits.
« Je n’ai que deux vraies allégeances, répond le Minotaure. Ma Dame, à qui je dois d‘exister, et les Muses, qui ont accordé à l’Harmonde la possibilité de mener ses affaires comme il l’entend. Nul discours ne trouvera grâce à mes yeux en dehors des leurs ! »
Il frappa l’homme d’un revers d