Mercredi 30 avril 2008



Il est une tour au bord du pays. Une princesse y songe, belle mais triste. Elle dort beaucoup pour ne pas s’ennuyer.
Un corbeau est venu la troubler. Il lui apportait de bonnes nouvelles.
Des bonnes nouvelles, elle n’en veut plus.
Les dernières lui ont fait peur, et elle a fui.
Elle ne veut plus se rappeler. Cela fait trop peur.
Et elle est fatiguée de dormir.
par Altrast publié dans : Faerie
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Mercredi 30 avril 2008
Les gouttes d'eau salées s'épanchent sur le sol sec du promontoire minéral qui domine la falaise. Nourrissant la terre, creusant de doux sillons dans la poussière, lentement, un cercle de peine s'esquisse, ses douloureuses créatrices brillant à la lumière mourante du sous-bois avant de le rejoindre.
    La terre s'écarte, se fend, laisse le passage à un délicat écrin de velours végétal, porté par une tige couleur de mousse. Le cocon grimpe, les perles tombent une à une telle la pluie des origines, sans que nul ne la voie, pas même la source embuée.
    Puis, doucement, un à un les pétales s'écartent. D'abord le pourpre, puis le vert, le bleu, le jaune, le violet, enfin l'orange, le rose, la Vie.
    La lumière a quitté le paysage. Seule subsiste la clairière, baignée dans la lueur de la flore nubile.
    Et, au sein de cette fragilité végétale, une silhouette s'éveille. Ses ailes se tournent vers la Lune montante, ses cheveux roux brillant de rosée recouvrent son corps, rempart de soie contre la fraîcheur et les regards.
    Ses paupières s'ouvrent prudemment et ses yeux regardent l'homme qui pleure à genoux, regardent l'homme qui serre contre lui l'éternité de jadis, son rêve éteint.
    Alors, la Fae s'élève dans la sylve, et son ombre se dessine un instant sous la Gibbeuse. Le temps d'une larme, elle est partie.
    Au matin, on ne trouvera qu'un corps dans le vent d'automne, bercé par le cri de la corneille.
    Pendant que, au fond du monde, loin des hommes et des machines, Faerie danse sur fond de Lune.




Merci à Christelle pour la splendide illustration !
par Altrast publié dans : Faerie communauté : Le Cercle des Passeurs de Rêve
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Mercredi 30 avril 2008
Douze notes de l'écho du temps qui chantent à nos oreilles, douze gouttes qui coulent de la Lune

Onze feux crissant de onze étincelles. De leur voix naîtra la sagesse

Dix buissons de fougères en rond, et dix femmes hurlant à la vie

Neuf fantômes bruissant autour de la faux, leur complainte effraye les vivants
Neuf êtres effleurent le monde et en sont chassés

Huit chemins retrouvés sur la route des âges, et autant de souvenir perdus

Sept terres brûlantes au soleil de minuit fument une brume sale

Six abris de pierre payés par la guerre aux portes du pays

Cinq lumières dansantes dans les yeux de l'aimante, et cinq soupirs partagés

Quatre chenilles de fer convergeant vers la même source aux cris des roitelets

Trois hommes à tête de sanglier fouissant les glands de la sagesse, trois serpents de la terre surgissent

Deux tertres sous la lune claire cliquetant des bois des trépassés
Deux quenouilles pour filer la trame du Tonkad

Un en trois est toujours, et un est le chiffre du monde
Car le un n'est que fin de rebours et ultime commencement
par Altrast publié dans : Faerie communauté : Le Cercle des Passeurs de Rêve
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