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Chers amis de notre bon folklore, bonsoir !
Aujourd'hui, le petit Boggan belge que je suis tient à vous parler d'un groupe malheureusement disparu dans les limbes du passé récent mais qui a marqué d'une empreinte forte mes premières années d'amateur de folk, trad, celtic music et autres aberrations musicales dans un monde culturel trop souvent radio-formaté...
Le groupe en question porte le doux nom de MacRàhl,
et rien que ce nom est déjà tout un programme ! Car si sa consonance le rend très écossais (encore que je connaisse un kebab qui s'appelle le McDonner), les connotations du mot, elles, ancrent définitivement le groupe dans l'Ardenne belge, ses forêts, ses rivières, ses sangliers, bref, tout ce territoire qui se retrouvait englobé dans l'Arduenn (ou Arduinn, enfin cette région-là quoi) : Les Macrâles, en Belgique, et plus particulièrement dans la région de Vielsalm et Marche, sont des sorcières qui mènent leur sabbat en public à l'occasion de certaines festivités au combien hautes en couleur (les personnes y ayant déjà assisté me contrediront peut-être, mais je ne me suis jamais emmerdé à un sabbat de macrâles !)
La volonté du groupe est donc, dès le départ, de créer une musique au confluent de différentes influences, ce qu'il réussira fort bien au fil de trois albums et de nombreux concerts dans toute la Belgique. Qualifié par les critiques de « blues celtique », le style de MacRàhl l'emmène en fait autant du côté de la Bretagne que de l'Irlande ou de l'Écosse pour doter les rythmes de ces pays d'accents bluesy, jazzy, de temps en temps country (surtout sur certaines chansons) et très souvent rocky (pas le boxeur, le style de musique), sans oublier par moment de faire un clin d'œil à son pays d'origine, la Belgique (en interprétant par exemple une version de « Tri Martolod » en wallon, le titre devenant Treûs bès marins). Il est à noter que MacRàhl est avant tout un groupe proposant des instrumentaux, les chansons ne faisant que timidement et plus tardivement partie de l'arsenal du groupe.
Le line up du groupe a changé en une occasion. Formé d'un trio à l'origine (Philippe Klein aux guitares, Christophe de Pauw également aux guitares et Patrick Dourcy à la harpe, aux whistles et à
la cornemuse), un bassiste (Jack Thysen) et un batteur (Antoine Cirri ou Didier Fontaine suivant les moments) seront rapidement invités dans le groupe pour assurer les prestations scéniques. Ils
furent parfois également épaulés par le violon de Luc Pilartz. Le MacRàhl de cette époque donnera naissance à deux albums : Attitude et Retrouvailles.
Suite à différents problèmes, notamment en matière de droits d'auteurs concernant certaines morceaux, cette composition du groupe éclatera, Patrick Dourcy, l'un des fondateurs, préférant voguer vers d'autres cieux musicaux. Philipe Klein et Christophe de Pauw continueront de jouer dans le groupe, s'adjoignant deux talents issus de groupes folks de Flandre mais ayant beaucoup tourné en Wallonie également : Dirk Naessens au violon et Jowan Mercks aux flûtes et cornemuse, accompagnés d'un bassiste (Marc Salsac) et d'un batteur (Quentin Halloy) lors des concerts non-acoustiques du groupe. Sous cette forme, le groupe réalisera le troisième et dernier album de sa courte carrière, La vie continue. Quelques mois après la sortie de l'album, le groupe cessera complètement de faire parler de lui.
Attitude
reste pour moi l'album le plus original du groupe, et ce n'est pourtant pas celui dont les mélodies sont les plus travaillées. Aérien et rugueux en même temps, ancré dans l'air et dans le sol, il associe la richesse du jeu de guitare (vraiment mises en avant dans la musique du groupe) de Klein et de Pauw à la maîtrise instrumentale de Dourcy, pour des moments fait d'eau et de roche (Hello du vu ; Rospico blues), de bois et de mystère (an dro set ; Reliance), avec, parfois, une certaine ironie nonchalante et sans prétention, mais pas sans manière (Cap Shuffle)
Retrouvailles
est peut-être à mon sens moins original, mais il n'est pas moins efficace en concert, au contraire. Si les morceaux proposés sont plus classiques dans leur facture que précédemment, l'album enrichit cependant la palette musicale de MacRàhl de chansons et de morceau entièrement blues/folk, sans quasiment de présence d'instruments ou de rythmes celtiques. On pourrait penser que ça donne un melting-pot sans cohérence, et pourtant l'album garde une vraie unité grâce à sa bonne humeur et à son caractère festif.
La vie continue est l'album qui m'a le moins convaincu, en dépit de ses indéniables qualités. Je peine à y retrouver l'ambiance des deux autres albums, et même les concerts qui ont suivi sa sortie et la nouvelle formation du groupe, tout plaisants qu'ils aient été, ne me parlaient plus autant. Néanmoins, on ne peut nier que cet album, plus mélancolique dans l'ensemble, reste toujours aussi finement ciselé musicalement parlant !
Vous pouvez écouter la plage d'ouverture de Retrouvailles, la Jig de la fille de vent, à l'adresse suivante dans une version live. D'autres titres de ce même album sont disponibles là où je ne sais (pour troubler mes amis Français) pas les écouter. Pour ce qui est du premier et du troisième album, il m'a été impossible de trouver sur le net des morceaux à partager avec vous (mais y a peut-être moyen qu'on s'arrange autrement... Si ça vous dit, faites-moi signe !)
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