Mercredi 15 avril 2009
              Nous sommes en 1960. J'ai 30 ans. Je suis Rupert Murdoch, alias Rupert le majordome. Je suis le héros d'un spectacle de music-hall très populaire à Londres, spectacle dans lequel un majordome nommé Rupert, élève du grand Houdini, sert avec dévotion ses maîtres tout en leur jouant des tours pendables grâce à ses dons de prestidigitateur. Qu'il s'agisse de servir la soupe en la faisant passer par ma manche, de faire disparaître les boulettes de viande pour qu'elles réapparaissent toutes dans l'assiette de Monsieur histoire qu'il se fasse accuser de gourmandise par Madame ou encore de détourner l'attention de Monsieur et Madame pour permettre à Mademoiselle de rejoindre son galant, j'ai tous les tours pour abuser les sens des spectateurs et les faire rire aux larmes avec mes cabrioles pince-sans-rire, bien aidé il faut le dire par mes partenaires qui excellent à servir des regards ébahis et des exclamations de colère ou d'étonnement. Le spectacle a tellement de succès que nous venons de décrocher un contrat pour le jouer à Broadway. Je suis marié à une femme délicieuse, Dorothy, ma partenaire à la ville comme à la scène (c'est elle qui joue la toujours pétillante Mademoiselle). Elle est enceinte de notre premier enfant, une fille que nous avons décidé d'appeler Emily. Je souris déjà en imaginant ses grands yeux s'ouvrir lorsque je lui apprendrai mes tours. Elle aura le sourire et la volonté de sa mère et saura toujours ce qu'elle veut.

              Je sors d'un pub très hype, « the wife's leg ». Je suis ivre. J'ai trop arrosé notre réussite. Dorothy, épuisée par sa grossesse, est déjà rentrée. Je suis resté et j'ai bu. Je sors pour prendre l'air. La lune brille, haute dans le ciel, jouant à cache-cache avec les nuages. Son reflet danse sur la Tamise indolente. Je suis bien. Un rayon blanchâtre me frappe alors que j'allume une cigarette, penché sur la rambarde au-dessus du fleuve. Il joue avec mes doigts, semblant craindre la braise rougeoyante au bout du bâton. Je sens comme un contact, ferme et doux, sur ma main. Comme si une autre main se glissait dans la mienne. Qui m'attire. Je la vois. Cheveux blancs et brillants. Peau pâle et translucide. Yeux noirs, complètement. La fille de la Lune. Qui me regarde. Qui me sourit. Qui me tire. Irrémédiablement. Dans l'eau, au fond de l'eau, l'humeur noire entre en moi, m'étouffe, je suffoque. Je suis bien.

              Je suis un Luneux, son Luneux. Je suis grand et mince, dégingandé, presque. Toujours bien habillé. Toujours propre. Souvent beau, sauf quand Elle est triste. Alors les larmes et la folie me ravagent, je ris, je tremble, je crie et j'ai mal, si mal. Les souvenirs reviennent. Une femme. Son nom ? Son ventre rond ? Les rires des gens, du public, qui tintent à mes oreilles. Je suis une main qui fait danser une pièce. Je suis la baguette qui distrait tes yeux. Mais je ris aussi, je me cache d'Elle pour qu'elle doive me trouver. Elle me dit des secrets pour que je les oublie et les enterre. Je creuse pour Elle. Pour me cacher. Pour La cacher. Pour qu'Elle ne soit pas triste, jamais. Pour qu'Elle ne me fasse plus mal...

              Je cours, et mes beaux habits sont déchirés par les Epines. Je fuis et je sens Sa rage et Sa tristesse. J'ai mal, mal au coeur, mal à l'âme. Je l'aime, Elle m'aime, pourquoi est-ce que je m'enfuis. J'ai mal, j'ai peur. Des créatures d'os me poursuivent, mais j'ai appris à me cacher. Ils ne me rattraperont pas. Elle ne me reverra jamais. Je sers la main de l'enfant dans la mienne. Celui qu'Elle a emmené pour me tenir compagnie, pour que je ne m'ennuie pas. Mon cadeau, un être terrifié et larmoyant, qui jamais n'aurait pu apprendre mes cachettes à temps. Alors j'ai pris sa main et depuis, nous nous cachons... Un rond de lumière pâle, nous sommes dans l'eau. Je bats des jambes, je tire, je hisse le petit corps à côté de moi. Nous sommes dehors. Sauvés. Pour le moment.

              Nous sommes en 2004. J'ai toujours 30 ans. Nous sommes à Bruxelles. J'ai rencontré les 4 Cours et j'ai d'abord rejoint l'Automne, habitué à la peur et en quête de réponse. J'y ai laissé le gosse. Je ne l'ai jamais revu. Dorothy est mère et grand-mère. Elle va bien. Emily va bien. Son fils aussi. Je me suis vu. J'ai vu Rupert Murdoch, celui que j'aurais dû devenir. Le spectacle a disparu. Tout le monde a oublié Rupert le majordome, même Dorothy. Je suis fini. Je ne suis plus rien. Je deviens le fossoyeur du cimetière d'Ixelles. J'apprends à regarder et à écouter les gens éplorés raconter leurs souvenirs. Je ne partage pas les miens, je m'invente une vie, conforme à celle que m'a donné l'Automne. Je suis David Melchior. Mais je redeviens l'élève d'Houdini, travaillant dans ma vieille baraque quand l'entretien du cimetière m'en laisse le temps. Je retrouve vite mon habileté de jadis. Je deviens le gardien farfelu, prompt à éloigner les indésirables à coups de pelles ou de ténèbres. A coups de folie si je n'ai pas le choix, mais après je dois me terrer, parce que les souvenirs me reprennent. Je ris et j'ai mal...

              J'ai quitté l'Automne, lassé de ne pas trouver de réponse. Mais j'y garde des amis. J'ai repris mon rythme d'Avant, écumant les bars, les soirées branchées de la capitale belge. Je suis devenu une figure des fêtes étudiantes prenant souvent place dans le quartier entourant mon cimetière J'ai rejoint le Printemps. Je suis la fête, je suis le désir. Mes bonnes manières plaisent aux femmes, et mes vieux tours marchent toujours. Mieux même. Je suis un dandy dans un corps de jeune homme, toujours bien habillé et avec tellement d'expérience. Mais je suis le fossoyeur, et je suis pâle, bien que souriant. Je ne reste jamais très longtemps accompagné, mais jamais longtemps seul non plus... Je suis remonté sur les planches, je joue partout où je peux, dans les anniversaires de mômes insupportables, les communions, les mariages, les cabarets pourris. Toujours invité, toujours flamboyant, toujours poli, à la limite du guindé, « je suis Rupert le majordome, pour vous servir Messieurs Dames ! Oh, voyons, ne laissez donc pas traîner vos mouchoirs partout, Monsieur, c'est inconvenant. Comment, Madame a perdu son collier ? Que vois-je ? Regardez, il est autour du cou de Fido, la brave bête a voulu imiter sa maîtresse, ah ah ah ! »

              Je suis un accueil et un refuge, pour les nouveaux comme les anciens. J'accueille les jeunes et les fait travailler. Je leur apprends le calme et la fête, avec moi ils fument, boivent et se racontent. Ils écoutent les marronniers pousser et apprennent à lancer des bogues sur les indésirables. Ils aiment ce qui grandit. Ils sentent leurs propres désirs et apprennent comment les satisfaire. Ils essayent. Rencontrent. Ils endurent le poids des souvenirs et les oublie dans la joie et le délire, dans la fumée et la musique, dans l'alcool et les compagnons/compagnes d'un soir.
Mon cimetière est marqué du sceau de l'Hospitalité, et jamais jusqu'ici les règles n'ont été enfreintes.



              Nous sommes en 2009, j'ai 35 ans et j'ai tué Rupert Murdoch. J'ai enterré sa triste dépouille près de ma cabane, pour le souvenir. Pour qu'il serve d'exemple aux jeunes. Je suis David Melchior le Green Digger, et je sers le printemps. Je cache ce que vous voulez, pour rien ou pour un bon prix. Parfois, je fais même réapparaître ce qui était caché.

              Tant que la fête éternelle durera !
Par Altrast - Publié dans : Jeux d'histoires - Communauté : Le Cercle des Passeurs de Rêve
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Vendredi 27 février 2009
Oh, si, j’ai peur…
Parce que c’est bon d’avoir peur.
Parce qu’on se sent vivant quand on a peur,
parce que c’est quand on a peur qu’on ne veut pas cesser de vivre.
Parce que quand on a peur, on doute.
Parce que quand on a peur, on lutte.
Mais pas toujours dans le bon sens.

Oui, j’ai peur. Alors j’écoute. Je parle. Je lis. Je raconte. Je partage, j’offre, je prête ces petits bouts de trucs qui finissent, un peu, par devenir moi. Un nid de coucous sur un arbre. Un botaniste dans un labyrinthe d’objets vivants. Une fae qui pleure un humain qui regarde la télé. Un détective amusant. Des chasseurs de fantômes et des shamans indiens. Des grands anciens et des petites perles. Des magiciens (in)compétents. Des trucs.

C’est un rôle. Qu’on choisit, et qu’on ne nous donne jamais. Qui est futile jusqu’au moment où il devient vital (au moins pour nous). Celui du barde, du scalde, du conteur, qui narre la réalité autant telle qu’elle est que comme elle n’est plus ou ne sera que si… Le funambule inutile de son propre imaginaire… Mais qui partage et qui offre, pas pour transformer, juste pour le plaisir de faire vivre une histoire ou de la construire avec toi.

Collecter des petits moments de surréalité.















Ecrit en réaction à http://www.pomofrag.org/?p=505 et aux commentaires.
Par Altrast - Publié dans : Initiation - Communauté : Le Cercle des Passeurs de Rêve
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Vendredi 26 décembre 2008
Yep, le Boggan est parfois (souvent) nombriliste.
En fait, c'est même plus que ça. J'ai presque érigé ce nombrilisme en lutte. Du moins, c'est comme ça que je le justifie (ce qui ne veut pas dire que je ne me plante pas, hein).

Allez, je m'explique, ou du moins j'essaye : sur un certain nombre de choses, je mets un point d'honneur à ne pas me comporter comme tout le monde. Ce sont des petites choses la plupart du temps. Mais pour toutes ces petites choses, je m'échine à trouver une réponse particulière.
Juste pour ne pas sombrer dans la Banalité (merci Changeling).
Juste pour rendre le monde un peu plus surréel autour de moi.
Juste pour y retrouver quelque chose de joli
Juste pour y retrouver la magie
(Et, sans doute aussi, juste par snobisme, donc).

Je ne célèbre pas Halloween. Mais bien la Samhain. J'ai à cette date une pensée particulière pour les gens qui sont passés et je me débrouille pour trouver une étendue d'eau, même petite, auprès de laquelle j'allume une lumière. Peut-être qu'un de mes ancêtres ou n'importe qui de l'autre monde a quelque chose à me dire. Cette année, c'était la Meuse (ou la dérivation, je ne sais jamais) depuis le parc de la Boverie. Je confesse avoir fait ça en cachette, histoire de ne pas trop attirer l'attention.

Quand il m'arrive quelque chose de positif et que je ne peux pas deviner d'où vient ce petit ou gros moment favorable, je ne dis ni ne pense "merci". Parce que je me dis que ce sont sans doute les Fae qui viennent de me filer un coup de pouce et qu'ils détestent être remercié.

Fuck papa Noël. Le seul vrai, c'est St Nicolas. Dont je chante le miracle le plus connu très souvent. Sans plus être catholique, j'aime simplement l'histoire de ce personnage. Et sa symbolique. Et les souvenirs.

Je connais les choses à dire à une personne qui éternue un, deux et trois fois. Parfois dans des langues étrangères. Ainsi qu'une réponse traditionnelles pour chacun de ces voeux. Et je le dis, chaque fois. Même en classe. Même quand je ne connais pas la personne qui éternue.
Je suis même allé jusqu'à six voeux, une fois. Mais je ne reçois de réponse que d'un très petit nombre de personnes.

J'ai une vieille clepsydre contenant de l'air et du liquide doré. Placée à la lumière du soleil, elle crée des arcs en ciel. C'est l'équivalent pour moi d'un moulin à prière. D'ailleurs, je l'ai placée à côté d'un petit autel constitué d'un banc en bois miniature fabriqué par mon arrière-grand-père et sur lequel sont installés un nounours Redcaps et un Troll amateur de bière...

Je siffle ou je chante. Tout le temps. Je m'arrange en plus généralement pour que ce soient des mélodies que très peu de gens connaissent.

Je cherche des explications bizarres ou surnaturelles plutôt que des solutions rationnelles. C'est bien plus marrant... Et ça stimule l'imagination... Et je les énonce souvent tout haut. Les gens prennent ça pour des blagues. Moi j'ai envie d'y croire. Et parfois, j'ai même raison...

Souvent, même quand ça n'a aucun rapport (c'est à dire quasiment tout le temps), je termine mes phrases par "Ouais... Saloperies de Fomoires" en faisant semblant de cracher par terre.

J'affectionne les expressions éructées et archaïques ou inhabituelles. Comme "Fichtre !" ou "Par la barbe de Bonisagus !" ou encore "Par les couilles de Siegfried !"
Par Altrast - Publié dans : Bubbling
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Vendredi 10 octobre 2008
Douze hommes creusent une fosse, avec des pelles d'os.

Onze grues aux plumes rouges qui partent dans l'autre monde.

Dix lunes aux faces moites pleurant la morosité du peuple.

Neuf livres entrouverts d'où s'échappent les pages.
Neuf derniers vols emporteront le bruit du vent.

Huit armées de lances s'en vont à la guerre. Les marcassins poussent des cris hargneux.

Sept flûtes sifflent dans le chaos entre les étoiles. Le chaos ronge l'ombre des mauvais.

Six lampes d'onyx n'éclaireront pas davantage qu'un soleil qui s'éteint.
Pas davantage, et rien de plus.

Cinq toiles de lin masquent le couleur de l'eau. Le bruit d'une rivière ne peut être caché.

Quatre toits dotés de cloches observés du lointain. L'attaque pourrait être rapide.

Trois pierres marquées de signes étranges font fuir les savants.
Seuls trois ermites peuvent entendre les pierres.

Deux chevaux portants des sacs verts subissant l'épreuve du feu. Les braises beuglent et meurent.

Un bouc vendu pour ses poils noirs.
Un dernier cri, une première tare.
Cornes et sabots pour le voyages des nuages.
Par Altrast - Publié dans : Initiation - Communauté : Le Cercle des Passeurs de Rêve
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Lundi 1 septembre 2008
Oh ! Longtemps avant, à l'époque où on comptait encore les mois selon la lune, vivait un fermier.
Appelons-le Gustave, par facilité, mais le temps a depuis un long moment délavé la mémoire de son nom.

Gustave, donc, cherchait un coin paisible, doté d'un bon lopin de terre, pour s'établir avec sa famille. Il en trouva un, par chance, non loin d'un menhir. Aussi, comme l'endroit semblait dénué de propriétaire, il s'y établit avec soulagement !

Or vint le temps des labours, et Gustave partit vers son champ avec sa charrue, son boeuf et son soc. Mais à peine eut-il planté la lame dans le sol qu'un drôle de minuscule petit bonhomme en jaillit, projetant des mottes de terre en tout sens.
" - Qu'est-ce que tu fais ? demanda le lutin
  - Ben j'laboure mon champ, répondit Gustave.
  - Qui t'a donné la permission ?
  - Ben personne, c'est mon champ !
  - Alors, attends : on va t'aider..."
Aussitôt trois cents petits lutins jaillissent du sol et se mettent à labourer le champ en tout sens. A peine sortis, le travail est fait.
" - Ben merci bien mes bons amis !" Dit Gustave, au comble de l'étonnement.
Et, les lutins partis, il s'en retourna chez lui profiter de la douceur des bras de sa femme.

Or vint le temps des semailles, et Gustave retrouva le chemin de son champ, poussant à bout de bras la brouette contenant ses sacs de semences.
Mais à peine eut-il creusé le premier trou pour y déposer la première graine qu'un drôle de minuscule petit bonhomme jaillit du sol, propulsant des mottes de terre en tout sens.
" - Qu'est-ce que tu fais ?
  - Ben j'plante mes s'mences pour les faire pousser.
  - Qui t'a donné la permission ?
  - Ben personne, c'est mon champ et mes graines !
  - Alors attends : on va t'aider..."
Aussitôt six cents petits lutins jaillissent du sol, répandent les graines et s'empressent de creuser de petits trous pour les y enfouir. A peine sortis, le travail est fait.
" - Ben merci mes bons amis !" dit Gustave, au comble de la joie.
Et, les lutins partis, il s'empressa de rentrer chez lui raconter ça à sa femme et son fils.

Or passèrent les mois, et vint le temps des moissons. Gustave avait passé un mauvais hiver, et une toux canaille lui secouait les bronches. Aussi envoya-t-il son fils pour commencer le travail. Celui-ci, arrivé près du menhir qui bordait le champ, tomba sur un spectacle enchanteur : partout les blés, magnifiques, ondoyaient dans le vent, caressés par la lumière dorée du soleil, les épis chargés à l'explosion de nombreux grains gros comme l'extrémité du p'tit doigt ! La plus belle moisson qui se puisse concevoir, pour sûr ! Incapable de résister, le jeune garçon craqua un épi et en goûta les graines.
Mais à peine eut-il le temps de découvrir la saveur des graines qu'un drôle de minuscule petit bonhomme jaillit du sol, projetant en tout sens des mottes de terre.
" - Qu'est-ce que tu fais ?
  - Ben j'goûte le blé qui a poussé.
  - Qui t'a donné la permission ?
  - Ben personne, c'est l'champ d'mon père !
  - Alors attends : on va t'aider..."
Aussitôt mille deux cents petits lutins jaillissent du sol et se jettent sur les blés mûrs, dévorant plus voracement et plus vite encore qu'un nuage de sauterelles des temps bibliques. A peine sortis, il ne reste plus que des débris.

Gustave, qui venait voir comment avançait le travail fut, en contemplant la dévastation, pris d'une colère noire, et asséna un coup violent à son fils.
Aussitôt un drôle de minuscule petit bonhomme jaillit du sol, projetant en l'air et partout des mottes de terre.
" - Qu'est-ce que tu fais ?
  - Je frappe mon fils qu'a ruiné la moisson !
  - Attends : on va t'aider..."
Aussitôt deux mille quatre cents petits lutins jaillissent du sol et se ruent sur le garçon, frappant, battant, cognant, plus fort et plus fort encore, jusqu'à ce qu'il ne reste plus qu'un cadavre roué sur le sol.

La mère qui, entendant les cris, s'était précipitée pour voir ce qui provoquait ainsi l'ire de son mari, tomba sur le triste spectacle. Alors, tenant contre son sein la tête meurtrie de son fils, elle se mit à pleurer de grosses larmes humides de douleur.
" - qu'est-ce que tu fais ?
  - Je pleure mon fil qui est mort.
  - Attends, on va t'aider..."
Trois mille six cents petits lutins jaillirent du sol et, tordant leur chapeau, se mouchant dans leurs manches, pleurèrent aux côtés de la mère et du mourant. Leurs larmes mêlées formèrent bientôt un torrent qui emporta femme et enfant.

Gustave, à genoux, désespéré de l'anéantissement de sa vie, n'osait plus rien dire ni faire, gémissait à voix basse. Jusqu'à ce qu'un moustique vienne vicieusement lui piquer la nuque. Poussant un cri de surprise, le paysan commença immédiatement à se gratter, par réflexe.

" - Qu'est-ce que tu fais ?
  - J'me gratte à cause de ce sale moustique !
  - Attends : on va t'aider..."
Aussitôt sept mille deux cents petits lutins jaillissent du sol dans une explosion de terre, se précipitent sur le pauvre Gustave et le grattent, le grattent, le grattent encore !

Ils le grattèrent jusqu'à l'os...


Prenez garde aux signes, ces pierres dressées contre le vent
Peut-être marquent-elles la frontière du royaume des Korrigans
Par Altrast - Publié dans : Faerie - Communauté : Le Cercle des Passeurs de Rêve
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Lundi 1 septembre 2008
Le bleu du ciel recouvre le blanc de la fin
                                              Le rouge de la lampe fait briller le bleu de la page
Le vert de l'île jaillit du souvenir du feu
                                              L'oeil du chat oublie le jeu des pierres précieuses
Un bateau exhale des vapeurs de soufre
                                              Le périple est long jusqu'à ta soie.
Par Altrast - Publié dans : Voyages - Communauté : Le Cercle des Passeurs de Rêve
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Mardi 12 août 2008
Le palais des Princes-Evêques est, depuis que les Fae dominent la ville, le lieu de pouvoir principal des dirigeants Seelie. Autrefois haut-lieu de rassemblement des forces divines, le palais est devenu le symbole de l’influence de la Dame Rousse. Bien que situé en plein cœur de la ville et dominant la place St Lambert (récemment rénovée), le palais n’est, concrètement, qu’un symbole. La Cour Seelie ne se réunit au palais que pour les grandes cérémonies et préfère de loin fréquenter le musée d’art moderne et le parc qui l’abrite#. Malgré cet état de fait, le palais est gardé précieusement car il contient l’une des deux seules entrées plus ou moins stables vers le Songe que l’on connaît en ville.

Le parc de la Boverie. Véritable domaine de la Dame Rousse, ce parc situé en bordure de Meuse est un Lieu Enchanté d’une grande puissance dont le feu de paille est dissimulé dans le musée d’art moderne. Des concours floraux et nautiques sont fréquemment organisés et la manifestation mortelle « Retrouvailles » donne lieu, chaque année, à un Festival faerique qui dure trois jours et trois nuits et trois heures.

Le Labyrinthe. C’est ainsi que l’on appelle le dédale de tunnels creusés sous la ville. Un réseau de métro souterrain avait en effet été excavé il y a quelques dizaines d’années, mais le projet a été abandonné et les galeries sont restées en grande majorité vides, même si l’archéoforum en fait visiter certaines et si le C.P.A.S. et le palais de justice en utilisent d’autres comme endroits de stockage de biens saisis. Tout le reste de ce dédale est le territoire de la Cour Unseelie. La Femme-Corbeau règne dans la plus grande des stations de métro, creusée mais pas aménagée (du moins par des mortels). Obscurité et humidité cohabitent dans le Labyrinthe avec des Chimères cauchemardesques et des Changelings aimant les parties de chasse un peu spéciales. Le Labyrinthe est sous la garde d’Alicia, la jeune mortelle, qui en surveille étroitement les entrées et sorties. Au plus profond du dédale, la deuxième porte vers le Songe connue en ville est précieusement gardée, principalement par Alicia ou les Redcaps du clan MC Greim.

L’université Invisible. Principal lieu de rassemblement de la communauté des Mages liégeois, l’Université Invisible est un endroit destiné aux étudiants mages de 3e cycle ainsi qu’aux chercheurs occultes (confinés, il est vrai, dans le bâtiment de Magie des Hautes Energies). Quoique pas aussi prestigieux que d’autres établissements d’enseignements, l’U.I. est cependant réputée pour l’excellence de sa bibliothèque (donc le bibliothécaire est un orang-outan) et pour le caractère farfelu des membres de la Faculté.  Située sous l’Ulg, l’U.I. est un lieu agréable et doté d’une cafétéria remarquablement fournie et confortable qui attire de nombreux mages, même non étudiants. On murmure que des étudiants auraient récemment disparu alors qu’ils prétendaient être à la recherche d’un coffre en bois doté de plusieurs dizaines de petites jambes… (Toute ressemblance avec un célèbre cycle d'annales parlant d'un monde en forme de disque n'est absolument pas fortuite et totalement assumée par l'auteur du présent article !)

L’opéra abrite en ses murs un cénacle d’Eshus. Périodiquement, lorsque certains spectacles sont au programme, un flot de Changelings orientaux apparaît en ville. De grandes fêtes sont alors organisées dans l’opéra, où les concours de contes et de musiques prennent place au milieu de banquets exotiques. Les nobles et roturiers de Liège aiment à rejoindre les Eshus dans cette halte temporaire.

Les cristalleries du Val St Lambert dissimulent un autre Lieu Enchanté concédé il y a bien longtemps par la maison Dougal à une communauté d’artisans de différents kiths (bien que principalement Nockers). Ces artisans sont des spécialistes de la sculpture de la lumière et sont capables de créer des spectacles complets rien qu’en faisant tinter divers cristaux entre eux et en superposant des lentilles de verre colorées sur l’un de leurs complexes projecteurs.

Le cimetière de Robermont fait office de quartier résidentiel pour un nombre très important de Fae ayant un lien très fort avec le monde végétal. Dryades, Satyres, Lutins, Pixies, Fae libellules, Poucefleur, etc. protègent et font vivre cet endroit où, en dépit de son caractère potentiellement morbide, il fait bon se promener entre les allées de tombes bordées d’arbres où nichent de nombreux oiseaux et en imaginant toutes les histoires, drôles ou sordides, qui se cachent derrière les noms gravés et les photos jaunies. Le cimetière est un lieu enchanté dont le feu de paille n’est pas très vif, mais très apprécié. Des Sluagh viennent également y murmurer avec les défunts.

Le crématorium de Robermont est, pour sa part, un lieu hanté par la Banalité. Absence totale de chaleur humaine, cérémonie silencieuse et sans âme, il est plus que probable que les morts ne quittent ce lieu que complètement traumatisés par ce qu’on leur a fait subir. Les Changelings évitent comme la peste les employés de ce lieu et s’arrangent pour que les corbillards qui y transitent soient fréquemment sabotés.

La Soundstation et l’Escalier sont des lieux fréquentés principalement (d’un point de vue extra-humain en tout cas) par des Vampires qui viennent y chasser autant qu’y écouter de la musique. Les Changelings évitent soigneusement ces deux endroits, eux aussi rongés par la Banalité.

L’église St Barthélémy a été choisie par un Kirkegrim, Nilcéphore Nix, comme lieu de vie. Etant l’un des seuls Changelings à avoir été ordonné prêtre, le père Nix et son église servent d’intermédiaires et de lieu de rencontre entre Changelings et Agents de Dieu. Nix appartient officiellement à la Cour Seelie, mais accepte fréquemment de traiter avec la Cour d’Hiver.

La république libre d’Outremeuse. Dans ce dédale de ruelles, formant un tout petit quartier dans le quartier, se cache aussi le R.M.R., le Réseau Manifestaire de la Roture, un groupe de roturiers Unseelies (principalement) qui militent pour l’abolissement des droits de la noblesse et n’hésitent pas à organiser des attentats contre des Sidhe jugés trop autoritaires envers leurs sujets (c'est-à-dire n’importe quel Sidhe, selon eux). De nombreux objets ou bâtiments appartenant à la noblesse ont déjà subi des dégradations, pour le moment sans trop de gravité.

Les bois du Sart-Tilman et le domaine de la Chartreuse forment les territoires de chasse des lupins de la Cité. Les Fils de Fenrir préfèrent le Sart-Tilman, tandis que la masse informe de junkies et de clodos qui forment l’autre partie de la population lycanthrope squattent, eux, l’ancien terrain militaire de la Chartreuse (ses entrepôts, ses casemates, sont fort désaffecté, etc.)

Le Mad Murphy’s est décrit dans l’article consacré à Murphy le Fou.

Le pont d’Amercoeur est, certaines nuits, fermé à la circulation. Les Unseelies aiment à tisser par-dessous le tablier du pont une masse de filets d’acier tranchants comme des rasoirs. On dit qu’ils y suspendent les amants et bien-aimées de mortelles en mettant ceux-ci au défi d’aller y rechercher celui ou celle qui hante leur cœur. Le nombre très important d’échecs est sans nul doute à l’origine du nom du quartier.

Li Tôré est une statue très importante pour la Cité, tout comme les festivités estudiantines qui s’y rattachent : chaque année, un cortège d’étudiants marche depuis la place du 20 août vers le Tôré et peint les testicules (volumineuses) de l’animal en rouge vif, traditionnellement pour fêter le retour du printemps. Ce que les étudiants ignorent, mais que les Changelings savent bien, c’est que les ingurgitations massives d’alcool qui encadrent ce cortège servent, outre à amuser les jeunes, à alimenter un rituel dont le but est inconnu.  Les festivités, en implantant un large degré de folie et de chaos dans le centre-ville, dégagent également une impressionnante quantité de Glamour, quoique moindre que lors de la St Nicolas, une autre fête estudiantine très appréciée des Phookas et Satyres de Liège.

La galerie et le parking du Longdoz sont un bel exemple du partage des pouvoirs entre Seelie et Unseelie dans la ville. La galerie est en train de mourir, se vidant progressivement de toute activité commerciale ou autre. Certains Changelings Unseelie y encouragent des graffeurs à exercer leur art, recouvrant les murs et les vitrines vides de dessins et des phrases étranges et dérangeants. La Cour d’été, elle, a investi le parking et, la nuit venue, y organise des courses effrénées entre véhicules mortels (et parfois pilotes enchantés) et/ou Chimères.

Ludos, magasin et tête de pont de la Celtie. Boutique bien connue des rôlistes de la ville, Ludos et son patron Groumph (toujours accompagné de son chien) sont des symboles de résistance de l’âme celte. Tout dans ce magasin est une porte vers un ailleurs idéalisé : la musique surgit entre les fumées d’encens et de cigarettes, un vieux bouquins de Donjons et Dragons côtoie une étude sur le druidisme, une bouteille de chouchen et une boîte de conserve contenant du Haggis, le tout entrecoupé par la voix retentissante de Groumph vantant sa marchandise ou annonçant le prochain événement culturel ou il tiendra un étalage. Seelie comme Unseelie aiment à y repérer les joueurs à l’imagination fertile dont les folles histoires partagées autour d’une table deviendront des anecdotes riches en souvenirs parfois aussi intenses que s’ils étaient réels.

Li mohone di pékèt (la maison du pékèt) avec ses caves voûtées, ses boissons aux multiples goûts et couleurs et son restaurant de cuisine du terroir à l’arrière (amon Nanesse) est la propriété d’un Satyre, Arbhédias, qui veille soigneusement à engager de très jolies serveuses pour s’occuper de son bar (et pas de sa barre, je vous vois venir !) Très accueillant en dépit de son aspect un poil sombre, li mohone cache, dans ses alcôves, autant de concours de boissons que de Changelings échangeant les dernières rumeurs ou discutant tranquillement. Son côté « bien de chez nous » assure également au bar la présence d’une clientèle parfois assez sélect : ministres, sportifs en vue, etc. La proche présence de l'hôtel de ville (et de forces de police conséquentes) empêche généralement les soirées de tourner à l’orgie, mais on retrouve parfois de jeunes gens, fatigués mais pleinement satisfaits, errer aux alentours après certaines nuits plus agitées.

L’ancienne grand-poste est devenue un cercle de jeu dont la clientèle est exclusivement composée de Grincheux et de Mages. A l’origine, on avait pensé y faire un hôtel, mais quelques pots-de-vin bien adressés suffirent à Estial le Boggan pour s’approprier le bâtiment et en faire un casino doté de nombreuses salles, bars, restaurants et suites où recevoir les hôtes. Avec le temps, c’est devenu, outre un club de gentlemen, un endroit où l’on fait se divertir les notables étrangers, qu’ils soient Mages ou Changelings, qui viennent visiter la Ville.
Par Altrast - Publié dans : Jeux d'histoires - Communauté : Le Cercle des Passeurs de Rêve
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Mardi 12 août 2008
Où l'on parle de ceux qui ne sont certainement pas des Fae...


Ceux qui sont touchés par la Grâce

Ezahel est un Ange très ancien qui jadis conseilla Hubert et Notger lors de leur règne. Protecteur de l’Eglise et ambassadeur de Yahvé auprès des prophètes qui était nécessaire de cacher à l’Histoire, Ezahel est le gardien des archives interdites des suivants du Cloué# ainsi que la mémoire compatissante des mortels ayant vu trop d’horreurs au service de Dieu et à qui Celui-ci a accordé l’oubli. Condamné à se souvenir de ce que les autres ont tout fait pour oublier, Ezahel porte sa croix avec humilité et miséricorde, tenant secret ce qui doit l’être, pour le bien de tous. La bibliothèque a récemment été déménagée dans le musée d’art religieux et mosan, dont Ezahel, sous l’identité de Jonathan Lambert, est le conservateur.

Les Mages et Sorciers

Gustave Planche a récemment ouvert une confiserie d’un genre particulier dans une ruelle proche de la place de la cathédrale. Celles et ceux qui souhaitent acquérir les merveilles sucrées de sa boutique doivent d’abord raconter une histoire, réelle ou imaginaire. De cette histoire, Gustave tirera un bonbon (une chique, bien entendu. Nous sommes à Liège,après tout )) dont la saveur rappellera l’ambiance et l’émotion provoquée par le récit raconté. En remerciement, le conteur a alors le droit de choisir gratuitement environ 100 g des fabuleuses créations du confiseur et autant de « saloperies industrielles » qu’il peut en acheter. De nombreux Phookas fréquente cette boutique où leurs mensonges ont une saveur si agréable.

Les Vampires

Jean-Baptiste Vrancken est le propriétaire de la Soundstation et le directeur du label de production qui y est attaché. Ce Toréador, chantre du milieu culturel underground, fait la pluie et le beau temps dans les concerts hype de la région. Il a récemment parrainé les rénovations du café « l’Escalier » dans le Carré, s’attirant les foudres des légions d’étudiants qui fréquentaient ce bar.

Hélène de Chayzeux est la Lassombra qui poussa jadis Charles le Téméraire à assaillir Liège en vue d’en prendre le contrôle. Dépitée par son échec, elle rumine sa vengeance depuis des siècles, méprisant ouvertement la « racaille geignarde » qui est à la tête de la Cité. Elle a suffisamment d’influence pour se rendre détestable, mais pas assez pour imposer ses volontés de domination. Hélène revendique le titre de Princesse de Liège, mais même ses partisans ne sont pas dupes de l’arrogance vaine de ce titre.

Thérèse et Johanna Massiline sont les deux personnalités qui cohabitent dans l’esprit de la Malkavienne qui dirige le club Asylum, alternant sans cesse l’une et l’autre mentalité comme s’il y avait réellement deux sœurs (ce qui est en quelque sorte le cas… Enfin pas vraiment… Vous voyez ce que je veux dire !) Johanna s’habille court et sexy, se maquille élégamment et se comporte en séductrice coquette et sauvage auprès des hommes et femmes qui ont l’heur de lui plaire, dans son club ou ailleurs. Elle a souvent tout d’une gamine délurée. Thérèse, à l’inverse, est adulte, calme et réfléchie, gère le club avec efficacité et bon sens et déplore la conduite dépravée de sa « soeur ». D’une point de vue faerique, si Johanna est agréablement fréquentable, Thérèse, elle, fout les jetons à bien des braves avec ses tailleurs stricts, ses lunettes épaisses et sa voix posée et rationnelle.

Les Loups-Garous

Le Philoteux est un black massif qui a été mordu il y a une dizaine d’années. Sans abri par vocation et tirant son surnom des citations de penseurs célèbres qu’il aime à prononcer, il a pris la défense de ses frères de condition qu’il protège contre les dangers qui les menacent. Figure quasi-mythique de la faune interlope de Liège, il est un symbole autour duquel mendiants et prostituées sont contents de se rassembler et de coopérer pour améliorer leur état et leurs vies.
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Mardi 12 août 2008
Ceux qui, par choix ou par nécessité, vivent en marge des Cours et, dans une certaine mesure, de la politique qui y règne...

Murphy le Fou. Aaaah ! Un heureux Leprechaun était Murphy, à l’époque où il parcourait la verte Erin. Et puis il fit une découverte, celle de la loi qui porte son nom. Et la fatale contrariété universelle le poursuivit alors, et ne l’a jamais lâché. Depuis, il se cache dans un pub, le Mad Murphy’s, dans le Carré. Cloîtré dans une arrière-salle, vautré sous un amas de vieux journaux et magazines, Murphy divague, perpétuellement saoul, étrangement averti de beaucoup de choses (car son bar est un terrain neutre reconnu par tous les non-humains et mortels suffisamment au courant), permettant à ceux qui peuvent percer les brumes éthyliques de son langage de saisir une foule d’informations sur ce qu’il se passe à Liège et environs. Il faut remarquer que les employés du bar sont tous des humains qui n’ont aucune idée de la nature particulière de certains de leurs clientes (mais qui oublient fréquemment qu’ils ont laissé un verre d’Irish mist traîner sur une table après l’avoir lavée…)
Enfin, humains, sauf si on excepte l'étage, bien évidemment, où officie Sire Charles Fizzlewig, un Boggan. Cet étage est réservé aux Fae et à leurs invité(es).

Guillaume et Ciléanas. Un baptisé et sa marraine. Ce binôme travaille pour les deux Cours comme découvreur de talents, repérant les humains aux talents prometteurs ou les Rêveurs inconscients de l’importance qu’ils peuvent avoir pour les Changelings. Particulièrement appréciés des deux faces de la société faerique, ils sont parfois également chargés de retrouver un fuyard se cachant en ville. Ils ont leurs entrées dans tous les lieux fréquentés par les Changelings et ont pas mal de contacts avec les autres acteurs occultes de Liège (même si tous les contacts ne sont pas forcément cordiaux). Si Guillaume est au courant de l’existence des Fae, c’est uniquement parce qu’il a été baptisé (et enchanté) par erreur et que, pour une raison encore inconnue, les Brumes ne lui ont pas fait oublier ce qu’il a vu. Mais Ciléanas a su lui éviter la folie et convaincre ses semblables de le laisser en vie. Le grain de folie permanent qu’ils propagent autour d’eux les a rendus très sympathiques aux yeux de la Dame Rousse. Le duel amical auquel se sont adonnés Guillaume et la Femme-Corbeau a permis au jeune homme de gagner le respect de la dirigeante Unseelie. Ciléanas, par contre, n'est que tolérée lorsqu'elle se rend dans le Labyrinthe.
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Mardi 12 août 2008
Quelques têtes célèbres des cours d'Été et d'Hiver


Les Fae Seelie :

La Dame Rousse. Elle est la Comtesse Sidhe qui dirige actuellement la ville. Très proche de son peuple et des mortels qu’elle aime sincèrement, elle a instauré, au grand dam de sa maîtresse des cérémonies, une étiquette très simple et naturelle au sein de sa Cour. Grande et dotée d’une splendide chevelure qui lui a valu le surnom qu’elle a choisi de porter, la belle dame a les yeux vairons : le droit est vert, le gauche est d’un bleu léger. Nul ne sait ce qu’elle voit à travers un aussi étrange regard. Elle est la marraine de nombreux mortels et veille à maintenir, au moins superficiellement, de bons contacts avec chacune des forces présentes à Liège. Elle est particulièrement appréciée des Mages et des Lycans, et même les Unseelie la respectent plus ou moins. Elle a déjà échappé à plusieurs attaques des Démons et de leurs aides et est considérée par eux comme une cible à abattre. Sa grande compassion la font apprécier des Anges, mais leurs suivants humains ne la voient que comme une monstruosité païenne. Son excellent sens politique la fait paraître redoutable à ses adversaires potentiels. Elle appartient à la maison Fiona.

Maîtresse Keira ap Fiona. C’est la maîtresse de cérémonie (// Chambellan) de la cour de la Dame. Très à cheval sur le protocole, cette Grincheuse (encore très séduisante cependant) est parfois, en dépit de l’immense respect qu’elle éprouve pour sa Comtesse, choquée des écarts de conduite que tolère sa suzeraine. Très compétente, elle assume ses fonctions depuis de nombreuses années et connaît le domaine comme sa poche.

Grumbert. Ce Troll est l’intendant du Domaine, le lien entre la noblesse et la roture. Ce Kithain, calme et massif, s’anime d’une flamme virulente lorsqu’il est amené à défendre un Changeling au cours d’un procès. Sa parfaite connaissance tant de L’Escheat que des lois mortelles et sa droiture inébranlable en ont fait un point de référence particulièrement incontournable en matière de respect de la tradition et des nouveaux droits accordés à la roture. Il travaille souvent main dans la main avec Dame Keira afin que les relations entre Sidhe et Roturiers se passent au mieux. Le mouvement prolétaire humain a cependant implanté ses marques dans les mentalités faeriques, et les roturiers liégeois sont parmi les plus grands revendicateurs de droits et monteurs de grèves de toute la société Changeling. Les frictions sont donc nombreuses et le rôle de Grumbert particulièrement important.

Comte Kerden ap Gwydion. Fier de son lignage, noble de coeur et d’action, Sir Kerden a tout du guerrier Gwydion typique. Pourtant, il s’est laissé aller aux mœurs douces de la cour de la Dame Rousse.

Rose Amras. Cette Boggan est à la fois crainte et adulée par ses subordonnées. Chef-coque et grande responsable es nourriture de la maison, elle réussit l’exploit, chaque soir, de cuisiner personnellement les repas de la Comtesse tout en dirigeant les autres cuisiniers et les serviteurs, sommeliers et autres plongeurs, compose les menus et tient un budget aussi serré que ne le sont les chaînes qui ferment la réserve de nourritures et boissons. On murmure (et c’est à peine exagéré) que plusieurs monarques faeriques lui auraient fait un pont de Glamour pour qu’elle vienne prendre possession de leurs vies gastronomiques, mais Rose a toujours refusé, arguant qu’ici : « Je sais sur qui frapper pour que ce soit fait à ma manière », ce qui ne serait nécessairement pas le cas ailleurs… Elle est également une grande spécialiste des multiples variétés de bières belges et étrangères.

Niarmaid. Elle est une Sluagh étrangement affable et séductrice, qui aime énormément faire de nouvelles rencontres et chuchoter des heures durant en joyeuse compagnie. Ce comportement paraît suffisamment peu naturel de la part d'une Sluagh pour mettre ceux qui la connaissent moins bien mal à l'aise...

Noemian. Ce Satyre est cyclothymique : tantôt il vagabonde dans un état de dénuement quasi-total à travers la moitié du globe et du Songe, tantôt il passe de longs mois, voire une année ou deux, à paresser dans les salons de la Dame Rousse. Il est un peu l’âme de la maison, le personnage qui génère les proverbes, celui dont on cite les phrases favorites, l’être au sujet duquel on spécule… Et à raison ! Noemian est extrême dans tout ce qu’il entreprend.

Finklewinkle. Phooka-chien et Gamin sans limite, désespérant d’énergie. Il est toujours en train de courir, de sauter ou de faire exploser un truc dans un des recoins du bâtiment. Il a à sa suite une nuée d’enfants qu’il fait parfois entrer en douce à la Cour (en les enchantant), organisant de gigantesques chasses au trésor dans les chambres des invités ou des parties de cache-le-dragon (une version plus dangereuse de cache-cache, impliquant des pierres, une Chimère trop vaguement apprivoisée, un grand sac et une victime désignée au hasard pour ouvrir ledit sac) dans les jardins. Il aime particulièrement faire enrager Grumbert et Keira lors de leurs réunions de travail.

Emilie, alias Lessa la Browney, est une Vaurien qui a vécu son jour du Sain il y a cinq ans maintenant. Elle est réfugiée à Liège depuis deux ans et à rejoint une communauté de Roturiers dont le Lieu Enchanté est caché dans le jardin d’un restaurant dans le quartier de Pierreuse.

Martin le Marionnettiste. Ce Nocker est un spécialiste des pantins et automates, mécaniques ou enchantés. Il est particulièrement apprécié pour ses spectacles tragiques, inspirés autant par Maeterlinck que Lewis Carroll. Ses marionnettes sont frappantes de réalisme et il est tellement doué en robotique que certains de ses compagnons sont au moins aussi vivant que lui. Ulrika, sa femme de chambre à ressort qui chante de l’opéra ou Ernesto, le robot professeur de mini-golf, sont devenus, entre autres apparitions farfelues, des personnages appréciés de la demeure. Martin, lui, est toujours occupé et perdu dans ses pensées, forgeant un nouvel être ou écrivant une nouvelle histoire. Il apprécie beaucoup Finklewinkle et les enfants qu’il emmène, pour qui il est toujours prêt à donner un avant-goût de son prochain spectacle.

Lysandre, Aliane et Coréline. Ce sont les trois Dryades qui habitent dans les trois marronniers de la place de la République française. Elles aiment à tromper les usagers du TEC en échangeant les chiffres des bus. Lorsqu’un mortel passe par leur place et est au goût de l’une d’entre-elles, celle-ci joue à la demoiselle en détresse tandis que ses sœurs se font passer pour des agresseurs. Lorsque la personne séduite se rue au secours de la belle, ses sœurs s’enfuient et laissent les amoureux en paix. L’amant(e) se réveillera, hébété(e) et heureux(se) au pied d’un des marronniers. Et toujours, dès le début du prochain automne, l’un des marrons de l’arbre lui semblera spécial, plus bosselé ou plus brillant. Et c’est pour cela que chacun des jours qui composent l’automne, trois personnes viennent recueillir les marrons qui sont tombés et les gardent précieusement en souvenir d’une nuit heureuse dont le déroulement exact leur paraît de plus en plus flou…

Hélèna est une Sluagh coiffeuse. Sa particularité est de travailler aussi à la morgue et pour différents funérariums afin de préparer la coiffure des morts... Elle tient ainsi salon, faisant la causette aux cadavres auxquels elle porte les derniers soins esthétiques pour que la famille ne soit pas trop choquée par le fait que papy soit la tête broyée dans une moissonneuse-batteuse !

Les Fae Unseelie :

La Femme-Corbeau. C’est une Morrìgan, l’une des descendantes de la grande déesse. Bien que roturière de nature, elle a jadis été adoptée par la maison Daireann et a obtenu le rang de Comtesse, allant jusqu’à se hisser au sommet de la société Unseelie de la ville. Grande combattante qui mena souvent les osts faeriques à la bataille, on dit qu’elle conserve dans ses caves un morceau de chacun des êtres qu’elle à rendus à sa déesse. Autoritaire et dégageant une aura palpable de puissance, elle aime à apparaître dans une nuée de plumes noires qui se transforme en parure vestimentaire. La plupart de ses subordonnés évitent de la croiser, et même les moins au courant de ses capacités en ont vaguement peur.

Les MC Greim. Un clan de Bonnets Rouges, profondément Unseelie en dépit d’un sens de l’honneur fermement ancré. Cairpre est un Prophète attaché au service de la Femme-Corbeau, qu’il admire profondément. Druide et maître de toutes les anciennes traditions, il est le gardien des chemins que suit son clan. Eoghan est le patriarche et maître chasseur du clan, ainsi que le meilleur guerrier Redcaps à des lieues à la ronde. Fier au point d’en être ombrageux, il provoque en duel tous ceux dont il doute de l’honorabilité. Jusqu’à ce jour, seule la Femme-Corbeau lui a fait courber l’échine. Troy est le plus jeune du clan, et si sa voie est encore hésitante, sa volonté et son énergie le rendent déjà prometteur aux yeux de ses frères plus âgés. Honorables jusqu’à l’obsession, ils sont mal considérés car la rumeur prétend qu’ils continueraient à organiser des Chasses Sauvages.  Ils servent assez fréquemment de force armée pour la Comtesse.

Docteur Anatole. Il s’agit d’un assemblage étrange de formes géométriques de couleurs variables, chacune capable de faire surgir un attirail d’outil, de lame, d’aiguille et de drogues diverses. Capturé dans les rêves d’un junkie devenu serial-killer, cette Chimère est utilisée par les Unseelie comme médecin. A noter que le Doc a une voix de fausset, cliquetante et insupportable, mais qui, comme ses drogues, finit par générer une dépendance auprès de ses interlocuteurs les plus faibles d’esprit.

Les Sœurs-Cerveau. Tout le monde connaît les trois sœurs, des mortelles qui se mirent jadis au service de la Femme-Corbeau et subirent pour elle une horrible opération magico-chirurgicale. Trois femmes : la Pucelle, la Mère de Tous et la Vieille Bique, leurs corps reliés par des tuyaux glaireux accrochés à leurs crânes chauves et d’où sourd une humeur noirâtre. Une seule femme en trois désormais, devenues capables de prouesses dépassant de loin les possibilités mortelles, elles sont la voix de la Femme-Corbeau, ses ambassadrices intouchables, celles qui portent ses volontés. Elles aiment aussi à annoncer les événements néfastes à venir, événements qui ne manquent jamais de se produire, mais leurs prédictions restent (heureusement) rares. On dit qu’elles offrent parfois à celui qui les rencontre les réponses à trois questions. Ceux qui ont obtenu cette faveur en ont été profondément changés…

Alicia, la gardienne du Labyrinthe. Une mortelle enlevée enfant par les Fae et échangée contre une bûche enchantée de Glamour. Elevée à la Cour unseelie, baignée dans le Glamour, Alicia a développé une personnalité sombre et renfermée. Elle a 16 ans et est perpétuellement vêtue d’une robe à volant verte par-dessus un corset rouge. Cheveux blonds, yeux noirs et lèvres pâles, cette jeune fille, persuadée d’avoir été plongée dans un rêve éternel sans raison aucune, est devenue la gardienne du Labyrinthe, le réseau de couloirs de métro abandonné au sein duquel se trouve l’archéoforum et le palais de la Cour Unseelie.

Sweety Tinkeller. Ogre, chauffeur de bus et décorateur d’intérieur, il est probablement le Changeling qui connaît le mieux le circuit routier de la Cité. Voyager dans son véhicule est toujours éprouvant pour les Fae, tant le bon goût de Sweety en matière de décoration avoisine celui d’un hamster névropathe : couleurs criardes et dégoulinantes, affiches insultantes ou agressives, bruits nauséabonds… Rien n’est épargné aux voyageurs dont le dégoût sera toujours étonné par les capacités du bus honni à se surpasser. Mais l’Ogre roule vite, bien et discrètement, ce qui fait de son bus un moyen de transport de choix, même pour les Seelie. A noter : pour une raison inconnue de tous, Sweety ne roule que dans des bus de la ligne 29, même s'il n'en suit que rarement le trajet. Cette particularité est sans doute la raison profonde de la quasi impossibilité de voir un bus n°29 arriver à l'heure...

Karabas, Maître de la Farce. Un Phooka-vautour qui a été élevé au rang de maître par ses semblables de la Cour d’Hiver. Ayant à son service de nombreux Phookas, Karabas s’est fait une réputation de pouvoir fournir n’importe quoi à n’importe qui. En échange, le demandeur devra, un jour, accéder à l’une des demandes de Karabas, quelle qu’elle soit. Toujours affreusement, douloureusement drôles, très souvent traumatisantes, les farces du Phooka ont poussé les souverains faeriques à interdire à Karabas l’accès de leur palais. Celui-ci à installé son antre dans l’ancienne caserne Fonck. Seuls les désespérés font appel à Karabas. Mais il y en a toujours qui pensent l’être, avant de le regretter amèrement.

Lady Llyanne ap Leanhaun. Cette Sidhe, musicienne exceptionnelle, est devenue une idole parmi les mortels sous le nom de Mary Dillon. Ne jouant que de la harpe électrique, elle organise des concerts sauvages aux quatre coins de la région (et même dans les pays voisins), se gorgeant du Glamour que rêvent ses fans à chacun de ses concerts. Exacerbant la colère d’une jeunesse souvent en manque de repères clairs, elle a déjà à plusieurs reprises incité son public à détruire des symboles d’autorité.
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